Entre 17 000 et 30 000 dirhams pour recruter des domestiques étrangères au Maroc

Certains ménages marocains n’hésitent pas à dépenser  entre 17 000 et 30 000 pour recruter des domestiques souvent d’origine subsaharienne ou philippine. Ces dernières sont recrutées via des agences d'intermédiations souvent informelles.

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Les domestiques d’origine étrangère sont de plus en plus prisées par les familles aisées marocaines. Ces dernières n’hésitent pas à faire appel à des agences qui se chargent de faire venir ces employées de maison de leur pays, en contrepartie d’une somme conséquente.

Une enquête réalisée par l’hebdomadaire économique La Vie Eco dans son édition du vendredi  31 juillet, révèle que ces agences d’intermédiation facturent à 30 000 dirhams de commission le recrutement d’une domestique asiatique généralement d’origine philippine. Cette commission comprend le prix du billet d’avion. Selon l’hebdomadaire, ces domestiques sont recrutées à l’origine par des agences jordaniennes, puis envoyées au Maroc sur demande des agences intermédiaires marocaines.

Le salaire de ces domestiques oscille entre 2500 dirhams et 3 000 dirhams par mois.  Pour les domestiques asiatiques déjà présentes au Maroc, la commission ne serait que de 15 000 dirhams pour les agences et leur salaire fixé à 4 000 dirhams.

Toujours selon cette enquête, pour  les domestiques subsahariennes qui sont généralement «   plus accessibles », les agences  touchent moins que dans le cas de domestiques philippines. Ainsi pour les employés de maison subsahariennes qu’elles font venir de leurs pays, les agences d’intermédiation gagnent 17 000 dirhams.  Les domestiques sont quant à elles payées entre 1 500 et 2 000 dirhams.  Pour celles déjà présentes sur le territoire marocain,  les  agences ne toucheraient que 1 500 dirhams de commission.  Ces domestiques touchent un salaire de 2 500 dirhams.

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« Discrètes et sérieuses »

Selon le média économique, cette pratique qui est à la mode au Maroc est l’apanage de la classe moyenne supérieure et de la classe aisée. L’argument le plus évoqué par ces dernières pour justifier leur préférence pour ces domestiques étrangères (souvent francophones  ou anglophones),  reste « la familiarisation de leurs enfants » avec la langue française ou anglaise. Autre argument avancé, les domestiques subsahariennes et philippines sont connues pour « leur discrétion et leur sérieux dans la gestion des affaires domestiques » rapporte La Vie Eco.

Cette pratique à la mode,  est aujourd’hui à l’origine d’un business florissant pour les agences qui jouent les intermédiaires et dont « la plupart est informelle » selon l’hebdomadaire économique. En l’absence de garantie, ces agences n’hésitent pas à conseiller à leurs clients (les employeurs) de confisquer les passeports de ces domestiques pour éviter que ces dernières ne s’enfuient.

Rappelons le projet de loi 19-12 sur les travailleur(e)s domestiques adopté  par la Chambre des conseillers le 6 janvier dernier,  exige la signature obligatoire d’un contrat de travail entre l’employeur et le ou la domestique, avec une période d’essai de 8 jours, ou encore l’obtention d’un certificat médical attestant de la bonne santé de l’employé(e).

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