Reportage avec la jeunesse du PJD à l'occasion de son Congrès national

Depuis Dimanche 26 juillet, Marrakech abrite le 11ème Congrès national de la jeunesse du PJD. En provenance de nombreuses régions du royaume, près de 3000 jeunes ont fait le déplacement pour prendre part aux travaux de la jeunesse du parti de la lampe. Reportage.

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11ème Congrès du JJD à Marrakech - Crédit : Tarek Bouraque

Organisée par le jeunesse du PJD sous le thème « Le renforcement de la participation des jeunes consolide le choix de la réforme », ce 11ème Congrès dont la clôture est prévue le 2 Août a investi la cité universitaire Cadi Ayyad, située à Daoudiat.  A l’entrée du gymnase, réorganisée pour l’occasion en salle de conférence, quelques stands de ventes de tee-shirt donne le ton : T-shirts jaunes portant le signe de la Rabia, symbole de ralliement aux Frères musulmans, drapeau palestiniens ou encore bandeaux et tee-shirt à l’effigie des Brigades Izz al-Din al-Qassam, la branche armée du Hamas. Un peu plus loin, des passages exclusivement réservés aux femmes à la nuit tombée sont placés sous haute surveillance des membres de la jeunesse du parti de la lampe.

Un Congrès qui a vu aussi la participation de nombreux dirigeants et de représentants du PJD ainsi que la présence de plusieurs leaders politiques étrangers. L’occasion de faire un point sur le mouvement islamique au Maghreb, thème d’une grande soirée de débat organisée mardi 28 juillet. Avec comme invités : Abderrahim Chikhi, président du MUR ainsi que Jamil Ould Mansour, leader du parti islamiste mauritanien, le Rassemblement national pour la réforme et le développement (RNRD), plus connu sous le nom de Tawassoul. Initialement prévu sur la liste des invités, le Président du Mouvement de la société pour la paix de l’opposition algérienne, Abderrazak Mokri, a pour sa part manqué à l’appel.

Un bilan de la mouvance islamiste au Maghreb

Accueillis sous une pluie d’applaudissements et des chants partisans, les intervenants se sont entretenus jusque tard dans la soirée devant une foule compacte, hommes d’un côté, femmes de l’autre. « Généralement les mouvements islamistes au Maghreb sont caractérisés par la modération, une approche pacifique, ouverte et positive. Ils choisissent l’approche de la participation positive à la place du boycott négatif », a tenu à souligner Abderrahim Chikhi. Une déclaration qui fait écho à celle du secrétaire général du Parti de la Justice et du Développement (PJD), Abdelilah Benkirane qui avait appelé dimanche dernier sur la même scène les jeunes à jouer pleinement leur rôle et à s’impliquer davantage dans la politique.

« La seule solution pour faire face aux tyrans, aux extrémistes et aux envahisseurs est pour les mouvements islamistes maghrébins de se conformer à une approche modérée tout en continuant son travail afin de donner le meilleur des exemples aux autres mouvements islamistes », a poursuivi Jamil Ould Mansour, président du parti Tawassoul dont l’arrivée au rang de première formation de l’opposition en Mauritanie a marqué une évolution dans l’histoire des rapports entre le pouvoir mauritanien et les islamistes. Le leader mauritanien a également passé en revue la situation en Tunisie, en Algérie et au Maroc.

« Le mouvement islamiste en Algérie a choisi la confrontation, ce qui a eu une influence négative sur le pays et l’a conduit à souffrir des conséquences de son choix. Le parti d’Ennahda en Tunisie a respecté la Constitution et lutté contre la corruption en essayant de construire une société moderne », a-t-il souligné avant de revenir sur le modèle marocain. « Le PJD a choisi de se baser sur les institutions et construire une économie forte qui se base sur la justice sociale et le renouvellement des valeurs authentiques », a déclaré le leader mauritanien.

Présent sur place les membres du parti islamiste tunisien Ennahdha ont également vanté les mérites du PJD.  « La jeunesse du PJD est l’un des mouvements de jeunes les plus importants dans le monde arabe, très avancé sur le plan intellectuel et aussi sur le terrain », a souligné Qais Ben Mohamed, membre du mouvement Ennahdha.

L’exemple du PJD marocain

Une avancée également remarquée du côté de l’Algérie. Pour Yassine Mokrani, membre du Mouvement de la société pour la paix algérien, l’expérience du PJD mérite la plus grande attention  à l’échelle régionale. « Tout comme nos frères sont venus bénéficier de l’expérience de notre participation aux élections et  de la gestion des institutions d’Etat, il est normal que nous venions aujourd’hui au Maroc pour bénéficier de cette expérience, première du genre. Grâce à la Constitution de 2011 et aux réformes prononcées par Mohamed VI, le parti du PJD est en tête des élections et assure la gouvernance », a-t-il précisé.

Un cas d’école qui ne se limite pas au Maroc souligne pour sa part le secrétaire national de la jeunesse du PJD, Khalid El Boukrii. « Le mouvement islamiste aujourd’hui est un objet d’étude, d’analyse et de suivi de la part de différents acteurs afin de comprendre son univers, sa vérité. Nous sommes là pour dire que le mouvement islamiste marocain et le mouvement islamiste maghrébin en général a sa propre pensée, ses propres distinctions. Nous nous basons sur un ensemble de principes et de valeurs morales que nous voulons faire prévaloir dans le monde politique. », a-t-il déclaré.

En guise de conclusion de cette rencontre,  Jamil Ould Mansour s’est cependant arrêté sur la question épineuse de l’identité et de la langue : « Les mouvement islamistes du Maghreb arabe n’ont pas réussi à régler le problème ethniques puisque le caractère arabe l’a dominé », a-t-il souligné.

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