Un conflit d'intérêt chez Al Omrane entre les mains de la justice

Des responsables d’Al Omrane ont acquis des terrains à prix très avantageux. Un ex ministre et plusieurs responsables devraient être convoqués par la police judiciaire.

Par

Chantier de construction
Photo d'illustration. Crédit : Yassine Toumi.

Encore un scandale chez Al Omrane. En mars dernier, la Cour des comptes a pointé du doigt une cession de terrains non viabilisés à Al Harhoura à des prix très bas (page 82 du rapport). Le 22 avril dernier, Akhbar Al Yaoum a révélé qu’il s’agissait en fait d’un conflit d’intérêt. Et aujourd’hui, le quotidien Al Massae nous annonce que le parquet général et le ministère de la Justice ont pris connaissance du dossier. Toujours d’après la même source, la police judiciaire va convoquer un ancien ministre, neuf hauts responsables, l’ancien directeur général d’Al Omrane et des membres du conseil administratif de la société.

Pourquoi y a-t-il sans doute eu conflit d’intérêt ? D’après Akhbar Al Yaoum, des dirigeants de l’OST et de l’Erac nord-ouest (entités qui ont fusionné lors de la création d’Al Omrane)  se seraient mis d’accord pour que des terrains destinés à des projets touristiques et des espaces verts soient finalement utilisés pour construire des villas destinées à leurs cadres. Le prix des terrains a ensuite été fixé par une commission composée… des mêmes personnes. Le prix de vente n’aurait pas dépassé les 193 dirhams le m2, bien en deçà du marché, donc.

D’après Al Massae, ces villas de 250 m2 comprenaient un sous-sol, un rez-de-chaussée et un étage. Mais selon le journal, le rapport de la Cour des comptes est arrivé avant la réception des biens.

La société immobilière publique est en pleine tempête actuellement. Le rapport de la Cour des comptes sur Al Omrane Rabat a révélé des erreurs de gestion et d’autres scandales. L’institution a notamment pointé du doigt un ensemble de 106 villas (le projet Camélias, à Tamesna) qui auraient été réservées au personnel d’Al Omrane et aux fonctionnaires de l’administration publique. Ces biens n’ont donc jamais été mis en phase de commercialisation, comme la réglementation le prévoit pourtant. Mais le rapport de la Cour des comptes ne précise pas à quel prix les villas ont été vendues. La construction de cette ville nouvelle est très critiquée pour le moment. Al Omrane est effet en conflit avec plusieurs promoteurs. Certains chantiers sont arrêtés depuis des années alors que des clients ont versé des avances dès 2007.

Lire aussi : Le roi intervient pour presser les projets immobiliers de Tamesna

article suivant

Abdelhak Khiame quitte le BCIJ : retour sur un parcours de lutte antiterroriste