La menace que pose le jihadisme est supérieure en 2015 selon l'ONU

Un nombre sans précédent d'étrangers provenant de plus d'une centaine de pays ont rejoint les groupes  jihadistes, dont l'organisation de l'Etat islamique et Al-Qaïda selon un rapport de l'ONU.

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Crédit: AFP

Selon ce rapport réalisé par un panel d’experts, plus de 25 000 combattants  étrangers sont engagés dans les conflits armés en Syrie et en Irak mais aussi en Irak. Ils viennent de plus d’une centaine de pays. « Le rythme du flux est le plus élevé que l’on a jamais vu, et est  principalement en direction de la Syrie et de l’Irak, avec un problème  grandissant qui est également évident en Libye », a relevé ce rapport obtenu  jeudi 2 avril par l’AFP.

Ces chiffres constituent une mauvaise nouvelle pour les Nations unies qui  s’efforcent de tarir le flux des extrémistes étrangers, ce que le rapport a qualifié d’« urgent problème de sécurité mondiale ».

Le Conseil de sécurité a adopté une résolution en septembre 2014 appelant les  gouvernements à considérer comme une grave infraction le fait que leurs  ressortissants deviennent des combattants.

La Syrie et l’Irak, une « véritable école de formation » pour les jihadistes

Selon le rapport, le nombre de combattants étrangers a progressé de 71 %  dans le monde entre mi-2014 et mars 2015, avec une forte hausse signalée depuis  les pays d’Europe et d’Asie. Un grand nombre de combattants étrangers partent de Tunisie, du Maroc, de  France et de Russie, mais le rapport a noté de nouveaux flux de jihadistes en  provenance des Maldives, de la Finlande, de Trinité-et-Tobago ainsi que de pays  d’Afrique sub-saharienne.  « La menace stratégique est même supérieure en 2015 et pour les prochaines  années », ont estimé les experts.

La Syrie et l’Irak sont devenus une « véritable école de formation » pour les jihadistes comme c’était le cas de l’Afghanistan dans les années 1990, selon le rapport.

Risque de dispersion de jihadistes dans le monde

Bien que ces deux pays attirent de loin le plus grand nombre de combattants  étrangers ( 22 000 selon l’agence Reuters) l’Afghanistan en compte 6 500 tandis que d’autres ont opté pour le  Yémen, le Pakistan, la Somalie et la Libye.
Selon Reuters, le rapport rappelle que le combat mené contre l’État islamique en Syrie et en Irak pourrait avoir comme conséquence involontaire la dispersion des combattants étrangers  à travers le monde.

Les experts ont plaidé pour la mise en place de politiques efficaces de  lutte contre l’extrémisme violent avec des « contre-messages » à destination des  jeunes et relevé que le partage des informations entre services de  renseignements étaient crucial pour gérer le retour de ces combattants étrangers  dans leur pays d’origine.

Le Conseil de sécurité doit examiner le rôle de la jeunesse dans la lutte  contre l’extrémisme violent lors d’un débat prévu le 23 avril.

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