Sondage. Pourquoi Akhannouch et El Ouardi sont-ils si populaires?

D’après le dernier baromètre Tizi Averty, les ministres de l'Agriculture et de la Santé sont ceux en lesquels les Marocains ont le plus confiance. Pourquoi ?

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Crédit : Yassine Toumi.

Le baromètre Tizi Averty a été publié ce 16 mars. 62 % des 1 086 Marocains qui ont répondu par Internet font confiance à Abdelilah Benkirane, contre 51 % en juillet dernier. 54 % des interrogés sont satisfaits de son action, un chiffre également en hausse de 11 points par rapport au précédent sondage. Le chef du gouvernement aurait aussi regagné la confiance des femmes ces derniers mois : + 12 points, passant de 43 % à 54 %.

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A la question sur le « niveau de confiance », le ministre arrivant en tête est celui de l’Agriculture, Aziz Akhannouch. Il est suivi par Houcine El Ouardi, à la Santé. Place qu’ils occupaient déjà lors du dernier sondage il y a six mois. Des résultats qui ne surprennent pas les analystes politiques : « Je ne suis pas étonnée, ils n’arrivent pas en tête pour des raisons d’appartenance politique mais pour leurs décisions », nous commente Leïla Ouachi, experte en communication et ancienne directrice de communication de Driss Jettou lorsqu’il était Premier ministre.

Elle évoque en ce qui concerne Houcine El Ouardi la baisse des prix des médicaments : « C’est une décision qui a un impact direct sur la population, il a eu le courage de coordonner cela et de combattre les lobbys ». Une analyse partagée par Mohamed Berrada, de l’institut Tizi, pour qui « il est normal qu’il soit arrivé premier, cet urgentiste de profession connaît parfaitement son domaine ».

La popularité d’Aziz Akhannouch, en poste depuis 2009, n’étonne pas non plus : « Il a lancé des réformes, comme le Plan Maroc vert, qui portent leurs résultats », nous rappelle Mohammed Berrada qui estime que « c’est un technocrate qui est reconnu pour sa compétence ». Leïla Ouachi note : « Il travaille dans la discrétion, on ne le voit pas faire de déclarations à droite à gauche, il ne vend pas du vent mais il agit sur un secteur qui touche presque 50 % de la population ».

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« La notoriété de Ramid n’est pas liée à ses résultats »

Mbarka Bouaida arrive ensuite, suivie de Mustapha Ramid. La popularité de ce dernier peut surprendre, étant donné que contrairement à ses deux autres collègues arrivant en tête, ses réformes, notamment celles des codes de procédure civile et pénale, n’ont toujours pas abouti. « Oui, le bilan n’est pas très épais mais l’homme inspire confiance. La popularité est liée à l’efficacité mais aussi aux hommes et aux femmes », estime Mohamed Berrada, qui rappelle que Mustapha Ramid « n’a pas la langue sans poche, il est réputé comme étant extrêmement intègre ». Leïla Ouachi voit aussi une autre explication à la popularité du ministre de la Justice : son appartenance politique. « Son parti joue pour lui, il est dans un système lié au PJD, mais sa notoriété n’est pas liée à ses résultats », analyse-t-elle.

Les ministres qui ont le plus faible niveau de confiance sont Anis Birou (ministre chargé des MRE et des affaires de migration), Mohamed Moubdii (ministre de la Fonction publique et de la modernisation de l’administration) et Abdelâdim Guerrouj (ministre délégué chargé de la Formation professionnelle).

L’opposition reste à la traîne

De son côté, l’opposition, qui accuse un net retard sur les personnalités du gouvernement, gagne cependant des points. Le pourcentage d’interrogés qui déclarent avoir confiance est passé de 14 % à 20 %. Ses figures les plus connues sont Ahmed Reda Chami (USFP), Mustapha Bakkoury (PAM) et Toufiq Hjira (Istiqlal).

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Le sondage a aussi été l’occasion de connaître les principales préoccupations des Marocains. Les principaux sujets sont : l’éducation et l’enseignement, la santé, l’emploi, la justice et l’action sociale et la lutte contre la pauvreté.

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