Marouane Lamharzi Alaoui, le génie de l'appli

Marouane Lamharzi Alaoui, le génie de l'appli

Derrière la vidéo de la marionnette qui emmène le drapeau marocain dans l’espace, il y a Marouane Lamharzi Alaoui, un jeune inventeur d’Errachidia, auquel on doit aussi Sybla, Sybla TV et Carte.ma. Rencontre.

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Crédit : DR

Il n’a de limite que sa seule créativité. Lui, c’est Marouane Lamharzi Alaoui. C’est grâce à ce jeune inventeur d’Errachidia qu’il vous est possible de visionner sur Android, via l’application Sybla TV, toutes vos chaînes préférées. Dernier buzz en date, une vidéo circulant sur Internet où l’on voit une marionnette porter un drapeau marocain et se promener dans l’espace. « C’est un ballon stratosphérique rempli d’hélium que nous avons lancé depuis Londres, qui est passé par le Sahara marocain, avant de s’envoler pour l’espace », raconte calmement Marouane Lamharzi Alaoui.

Balade virtuelle

La vidéo en question servait en réalité à faire la promotion d’un autre projet de Marouane, lui aussi innovant : Carte.ma, un Google Street View made in Morocco. Les premières ébauches du projet remontent à 2013. Marouane constitue alors une équipe de quatre personnes avec laquelle il commence par créer une caméra 360 degrés. « Ce n’était pas simple, vu que le modèle dont nous avions besoin n’existait pas encore », se souvient Marouane. Depuis Errachidia, sa ville natale, il commande donc tous les matériaux et outils nécessaires. Marouane conçoit également lui-même le logiciel de la caméra.

Aussitôt les autorisations obtenues, l’équipe de Carte.ma arpente le pays. L’équipe y filme les principales avenues et places, les relie et donne la possibilité aux internautes, sur Carte.ma, de se promener virtuellement depuis un ordinateur ou un smartphone. Les visiteurs ont aussi la possibilité de voter pour une ville afin qu’elle soit intégrée sur le site. Marouane n’a pas oublié la dimension touristique, en permettant aux hôtels, restaurants et commerces d’indiquer leur propre localisation et références. Ce qui permet à la société gérant Carte.ma de générer des revenus et d’assurer son propre financement.

Des projets plein la tête

Carte.ma n’est pas le premier projet de Marouane Lamharzi Alaoui. En 2012, il a fait parler de lui à cause d’un litige qui l’opposait à une filiale de Maroc Telecom, CasaNet. Le projet incriminé : une application dédiée aux téléphones Android, baptisée « Sybla Maroc », qui permet de retrouver le nom et l’adresse associés à un numéro de téléphone, en ayant recours à la base de données de Maroc Telecom. Cet annuaire inversé a aussitôt fait réagir l’opérateur télécoms qui a menacé Marouane de le poursuivre en justice s’il ne retirait pas l’application. Celle-ci, qui avait été classée parmi les meilleurs téléchargements sur Google Play, a aussitôt été retirée au Maroc et dans d’autres pays – il est toujours possible de la télécharger depuis l’Australie. « Il n’empêche que l’application était parfaitement légale », commente Marouane. Selon lui, cette affaire pose la question des autorisations au Maroc qui, souvent, représentent un frein pour les inventeurs marocains. « Il y a un réel problème en la matière, on ne se sent jamais libre et tout ce qu’on veut faire nécessite des autorisations », affirme notre créateur. Pour le projet Carte.ma, l’autorisation de filmer a été accordée après une longue attente, en revanche, pour le lancement du ballon stratosphérique, Marouane s’est vu opposer un refus catégorique. « Nous avons dû lancer le ballon depuis Londres et ne filmer que le Sahara vu qu’il est interdit de filmer une ville avec un drone », explique-t-il.

Autre handicap, la difficulté de trouver des investisseurs. « Il nous est quasiment impossible de trouver des financements de la part d’organisations », déplore Marouane. Pour les besoins du lancement de Carte.ma, il a dû compter sur l’appui de particuliers qui ont bien voulu soutenir financièrement son projet. Pour l’heure, Marouane se consacre au développement de Carte.ma, application finaliste des Maroc Web Awards 2015, dans la catégorie « application Web de l’année ». Il confie également travailler sur un autre projet qui ne tardera pas à voir le jour. « Comme pour Carte.ma, il sera question d’électronique. Nous comptons prochainement aller en Chine pour voir comment on pourrait créer l’outil qu’il nous faut ». Comme pour le projet de street view marocain, il s’agira essentiellement de géolocalisation.

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