«Les politiques n’ont pas répondu aux revendications du 20-février»

A l'occasion de l'anniversaire du M20F, Khadija Marouazi, a présenté son livre: 20-Février, tentative de documentation.

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Il y a quatre ans jour pour jour, dans la lignée du Printemps arabe, des jeunes manifestants sont descendus dans la rue pour exiger des réformes profondes et l’élaboration d’une nouvelle constitution. Le Mouvement du 20-Février était né. Khadija Marouazi, secrétaire générale de l’association Médiateur pour la démocratie et les droits de l’Homme, présentait son livre 20-Février, tentative de documentation à Rabat ce vendredi. Pour la militante, ce livre est une manière « de préserver la mémoire du mouvement et de l’inclure dans l’histoire contemporaine du Maroc », car « l’esprit du mouvement est encore présent et sera d’actualité dans l’avenir ».

« Les revendications du mouvement n’ont pas été mises en pratique »

Et justement, aujourd’hui, qu’en est-il des revendications du mouvement, notamment en matière de lutte contre la corruption: les partis politiques se les sont-ils appropriées? Pas du tout, selon Khadija Merouazi, qui estime que « la classe politique est loin des préoccupations des jeunes », et que les partis en général n’ont pas réussi à mettre en pratique les revendications du M20F. Et d’ajouter que « le programme politique du gouvernement dirigé par le PJD n’a pas été au niveau des recommandations du mouvement, que ce soit dans la lutte contre la corruption, la réforme de l’enseignement ou encore dans les luttes pour faire évoluer le contexte économique et social du Maroc ».

Contacté par Telquel.ma, Abdelaziz Aftati, député du PJD, a des propos plus nuancés. « Notre parti a toujours mené une bataille de front contre la corruption et le clientélisme. La seule différence avec le mouvement du 20-Février, c’est que lutter contre ces phénomènes est une tâche de longue haleine pour le PJD», a-t-il expliqué. Il précise ensuite que « des réformes ont été engagées dans ce sens par le gouvernement ». Le député cite en exemple la condamnation du parlementaire istiqlali Abdellatif Abdouh à cinq ans de prison ferme.

Même son de cloche du côté du PAM qui, à travers Mehdi Bensaïd, président de la commission des Affaires étrangères à la Chambre des représentants, nous assure que « la lutte contre la corruption est un programme qui existait bien avant l’apparition du 20-Février ». Outre les lois et les mesures engagées par l’exécutif, il estime cependant que cette lutte doit passer « également par le civisme et l’éducation afin que les citoyens n’aient plus le réflexe de donner des pots de vin dans les communes autres établissements publiques ».