L'obésité, un fardeau économique pour le Maroc

L’obésité est un problème qui affecte la santé, mais aussi nos finances et l’économie. Son coût annuel représenterait presque 3% de notre PIB, selon une étude.

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L'obésité produit une baisse de la productivité des salariés. Crédit : DR.

L’obésité coûte 24 milliards de dirhams au Maroc chaque année. C’est ce que révèle l’étude réalisée par le cabinet Mc Kinsey sur la charge économique du phénomène. Ses coûts annuels représenteraient ainsi 2,8 % du PIB du pays (un pourcentage conforme à la moyenne mondiale) juste après la violence armée et devant le changement climatique et le tabagisme. Il s’agit bien sûr d’estimations, basées sur les coûts directs (traitements, hospitalisation, etc.) et indirects. Ceux-ci comprennent notamment la perte de productivité induite par l’obésité, du fait de la fatigue ou de la dépression par exemple.

La dernière étude du Haut-commissariat au plan (HCP) réalisée en 2011 estime à près de 18 % la part de la population marocaine touchée par ce fléau. Il touche d’autant plus les femmes, les personnes inactives ou vivant en ville. Sachant que l’obésité est un facteur de risques pour toute une série de maladies : diabète, cancer, maladies cardiovasculaires, etc. Au niveau mondial, elle est responsable de 5 % des décès.

Stigmatisation des enfants

Mais cette maladie peut aussi avoir de graves conséquences sur la santé mentale, pointe du doigt Mustapha Mahfoudi, médecin et président de l’association AvieSaine (association marocaine qui lutte contre l’obésité) :

Il y a une grosse stigmatisation de la maladie, auprès des jeunes notamment. Dans une classe, l’enfant obèse peut être mal perçu et ainsi mal se percevoir lui-même. La maladie porte aussi préjudice aux déplacements quotidiens, au travail, au bien être etc.

La stratégie sectorielle du ministère de la Santé pour 2012-2016 comporte bien un point spécifique de lutte contre l’obésité. Le ministère s’engage entre autres à mettre en place des programmes spécifiques de prévention dans les écoles ou à encourager la construction de stades. Pour Mustapha Mahfoudi, le but n’est pas de faire diminuer le nombre de personnes atteintes d’obésité mais d’« agir dès maintenant pour éviter une trop grande augmentation ». Pour cela, il appelle à une stratégie nationale intégrant tous les acteurs : ministère de la Santé, de la Jeunesse et des sports, de l’Agriculture, associations, etc.