Le poker est halal pour le député PJD Mohamed Yatim

L’interdiction des jeux de hasard dans l’islam ne s’applique pas au poker, selon le député islamiste Mohamed Yatim, dont le fils vient de remporter la 3e place au World Poker Tour National de Marrakech.

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Mohamed Yatim, du parti Justice et développement
Mohamed Yatim, député PJD et membre du secrétariat général du parti de la lampe. Crédit : Yassine Toumi

Député du parti de la Justice et du développement, Mohamed Yatim en est également un des membres du secrétariat général. C’est la belle prestation de son fils Salaheddine au Word Poker Tour National (WPTN) de Marrakech le 12 octobre qui l’a placé en première ligne d’une polémique aux accents théologiques.

Arrivé troisième dans cette compétition, Salaheddine Yatim a empoché 500 000 dirhams. Accusé de gagner de l’argent dans un jeu de hasard, proscrit par l’islam (« qimar »), le fils a poussé le père à une justification d’équilibriste.

Considérant le poker comme un sport, Mohamed Yatim exclut d’en faire un jeu de hasard, mais admet ne pas faire l’unanimité :

Certaines personnes considèrent ces compétitions comme étant haram (illicites), mais elle sont légales aux yeux de la loi et il y a débat au niveau de la loi islamique

Coup de bluff théologique ? En tout cas le fils surenchère et invoque « l’appel à l’intelligence et à la capacité d’analyse mathématique » que requiert le poker (reconnu effectivement comme sport par exemple au Brésil).

« Cela le regarde »

Mais ce faisant, Mohamed Yatim retient la définition française du terme « jeu de hasard », là où le terme arabe « qimar » invoque moins la dimension hasard que celle d’un gain financier obtenu sans effort.

Une définition très francophone du terme jeu de hasard qui n’est pas du goût d’Abdelali Hami-Eddine, autre membre du secrétariat général du PJD, qui tient à mettre cartes sur table :

Le PJD ne peut pas légitimer les jeux de hasard, poker compris.

Toutefois, Hami-Eddine appelle à ne « pas politiser cette affaire à des fins de surenchère électorale ». Pour lui, la liberté individuelle prime : « Il s’agit là d’une personne de 34 ans, extérieure au parti, cela la regarde ».

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