Des ONG inquiètes pour la liberté d'association au Maroc

La Fédération internationale des Ligues des droits de l'Homme (FIDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) sont préoccupées par les atteintes aux libertés d'association et de réunion au Maroc, qui se multiplient.

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Abdelhamid Amine de l'AMDH
Abdelhamid Amine, militant de l'AMDH, lors de la répression d'une manifestation par la police. Crédit : Rachid Tniouni

La Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme (FIDH) et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) se sont réunies mardi 7 octobre, à Genève, pour exprimer leur inquiétude concernant les atteintes aux libertés d’association et de réunion observées dans le royaume.

L’Association marocaine des droits humains (AMDH) dit avoir fait l’objet, ces dernières semaines, d’« attaques systématiques », selon ses propres mots, de la part du gouvernement. L’Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l’homme (OPDDH, programme conjoint de la FIDH et de l’OMCT) a fait le compte, selon lui les autorités marocaines ont interdit ou empêché la tenue de 12 événements organisés par l’association depuis le 12 juillet dernier, « sans fondement légal ». L’OPDDH illustre son propos par la conférence sur le thème Médias et Démocratie prévue à la Bibliothèque nationale de Rabat le 27 septembre, qui a été suspendue par le wali de la capitale. Or, soutient l’AMDH, les associations légalement constituées n’ont aucune obligation de déclarer, au préalable, une réunion publique.

Par ailleurs, la section marocaine d’Amnesty International n’a pu organiser la 16e édition d’un camp de jeunesse, le 1er septembre dernier. Elle affirmait pourtant que l’événement avait été préparé conformément à la loi marocaine. Du côté de Tanger, une Caravane de solidarité avec les Subsahariens a été bloquée par les forces de l’ordre le 27 septembre. Sans explication.

Alors que le Maroc se prépare à accueillir la 2e édition du Forum mondial des droits de l’Homme, l’OPDDH appelle les autorités marocaines à garantir ces libertés d’association et de réunion, conformément à la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’Homme, qui a été adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU en 1998. L’article 12 de la constitution du royaume précise de son côté que « les associations de la société civile et les organisations non gouvernementales se constituent et exercent leurs activités en toute liberté ».

Laure Van Ruymbeke
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