Aïd: le Maroc accusé de violer le «consensus des musulmans»

La date choisie par le Maroc pour célébrer l’Aïd a fait l’objet de vives critiques en Égypte. Des responsables religieux égyptiens accusent le Maroc de « violer le consensus des musulmans ».

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Le croissant lunaire
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La date choisie par le Maroc pour la fête de l’Aïd El Kébir crée la polémique en Égypte. Le site d’information local El-Balad rapporte les propos critiques de religieux égyptiens envers le Maroc qui a célébré la fête du sacrifice 24 heures après l’Arabie saoudite.

L’un d’eux, Youssef Aïd, secrétaire général de la fatwa à la prestigieuse université Al Azhar, a déclaré ce qu’a fait le Maroc est un acte « haram ». Il accuse le royaume de « violer le consensus des musulmans » en qualifiant « d’illégitime » la célébration de l’Aïd à cette date du dimanche 5 octobre. Il exhorte par ailleurs les ouléma du Maroc à « suivre l’observation saoudienne ».

« Scission parmi les musulmans »

Un autre religieux, Mohamed Chehhat Al-Joundi, a renchéri en indiquant aussi que la date de la célébration marocaine « n’est pas légitime », rappelant de ce fait que « les musulmans font le Hajj en Arabie saoudite et non au Maroc ». Il trouve « étrange et  injustifié d’interpréter l’islam selon les désirs », soulignant que cela « crée une scission parmi les musulmans ».

Abondant dans le même sens, Ilham Chahine, professeur de religion et philosophie de l’université Al Azhar, a estimé que « la propagation de la laïcité dans le pays [le Maroc, ndlr] a augmenté l’ignorance et le manque de reconnaissance de la vraie religion et des enseignements de la tolérance ».

Des attaques auxquelles l’ambassadeur du Maroc au Caire s’est empressé de répondre. « Le Maroc dispose d’un Conseil des ouléma spécialiste dans la culture de l’observation du croissant », a déclaré le diplomate marocain. Ce dernier ajoute : « Nous sommes attachés à cette culture qui définit le dernier jour du mois (Dou Alquiâda) et le premier jour (Dou Alhija) qui correspond au jour de l’Aïd ».

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