Les Marocains atteints de l'hépatite C privés du nouveau traitement

Le laboratoire pharmaceutique Gilead a signé un accord de licence volontaire avec des fabricants de génériques implantés en Inde qui exclut le Maroc des pays pouvant importer le nouveau générique.

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Les Marocains pourront-ils avoir accès au traitement à un prix abordable ? Crédit : Université de Montréal - Relations de presse / Flickr

La licence volontaire signée par Gilead autorise ses producteurs implantés en Inde à exporter la molécule dans 91 pays à bas et moyens revenus. En revanche, elle interdit toute exportation vers 50 autres pays, dont le Maroc.

Sur quelques 625 000 à 700 000 personnes atteintes du virus du Maroc, seulement 2 000 sont prises en charge par le Ramed et l’AMO. Autrement, le coût du traitement actuel au Maroc pour le traitement de l’hépatite C oscille entre 70 000 et 100 000 dirhams en 48 semaines, avec un taux de guérison qui varie de 60 à 70 %.

Un traitement complémentaire déterminant

Or, le nouveau générique permet, lorsqu’il est associé au traitement existant, de guérir complètement le patient en 12 semaines. Toutefois le prix de cette nouvelle thérapie est annoncé aux États-Unis à 84 000 dollars pour les 12 semaines, soit 1 000 dollars par comprimé. En France, le prix oscille entre 45 000 et 50 000 euros, bien qu’il soit encore en négociation (comme dans nombre de pays de l’Union européenne).

Pourtant, le coût de production du médicament ne dépasserait pas les 100 dollars pour la durée du traitement, selon une étude menée par les pharmacologues de l’université de Liverpool.

Revendications associatives

Aussi, seule une part négligeable des Marocains atteints de l’hépatite C pourraient s’offrir des soins coûtant aussi cher. C’est la raison pour laquelle l’Association de lutte contre le sida, le Collectif pour le droit à la santé Maroc et la Coalition internationale de préparation aux traitements dans la région Mena appellent les autorités sanitaires marocaines à dénoncer cette licence et à explorer toutes les possibilités afin de mettre en disponibilité le nouveau générique au Maroc.

Toutefois d’après le docteur Othman Mellouk, coordinateur régional du plaidoyer pour l’ITPC-Mena, interviewé par le quotidien Libération le 22 septembre, c’est fort peu probable :

La majorité des « génériqueurs » capables de concurrencer Gilead ont signé cette licence, ce qui signifie qu’il leur sera formellement interdit de fournir en ce nouveau générique tous les pays exclus de la licence, même lorsqu’il n’y a aucun brevet sur la molécule dans ce pays. C’est le cas du Maroc actuellement qui reste un grand perdant de cet accord.

La seule solution serait pour le Maroc de produire localement le traitement, ou, selon les trois associations, d’explorer « les voies légales contre les pratiques anti-compétitives abusives du laboratoire Gilead ».

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