La nouvelle clôture Maroc/Algérie fait polémique

La nouvelle clôture érigée par le Maroc à la frontière avec l’Algérie est au cœur d'une nouvelle discorde et empêcherait «tout rapprochement».

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La nouvelle clôture mise en place par le Maroc à la frontière avec l’Algérie exacerbe un peu plus les tensions entre les deux pays et exclut toute chance de leur relation apaisée
Clôture à la frontière entre l'Algérie et le Maroc. Crédit : AFP

La nouvelle clôture mise en place par le Maroc à la frontière avec l’Algérie exacerbe un peu plus les tensions entre les deux pays. C’est ce qu’affirme Zahreddine Taybi, professeur et directeur de l’hebdomadaire marocain Al Hadath Acharki, interrogé par France 24 : « cette question a soulevé de nombreuses critiques parmi les observateurs des deux côtés de la frontière, car elle fait monter d’un cran la tension entre les deux pays et empêche tout rapprochement ». Pour le professeur, malgré les raisons évoquées par les autorités marocaines, cette décision d’ériger une clôture a une connotation « plus politique que sécuritaire ». Et pour cause, ce dispositif mis en place par les autorités marocaines ne couvrira pas la totalité des 550 kilomètres de frontière que partagent le Maroc et l’Algérie et s’avère donc « insuffisant pour empêcher  les infiltrations de groupes extrémistes ».

Une clôture de 140 kilomètres

Même son de cloche du côté algérien avec Hadda Hazem, directrice générale du quotidien algérien El Fajr. Pour elle, la décision d’implanter une clôture à la frontière avec l’Algérie « porte un coup sévère aux voix algériennes et marocaines, y compris celle du roi Mohammed VI en personne, qui réclament la réouverture de la frontière pour des raisons humanitaires et économiques ». Elle  va encore plus loin en rappelant que le royaume n’avait pas pris une telle mesure même lorsque l’Algérie traversait une grave crise sécuritaire dans les années 1990. Il s’était plutôt « contenté de fermer ses frontières et d’imposer des visas aux algériens » explique-t-elle à France 24.

Le Maroc a entrepris la construction d’une clôture dotée de capteurs électroniques, de trois mètres de hauteur et censée atteindre 140 km de longueur entre Saïdia et la région de Jerada. Le ministre de l’Intérieur du royaume, Mohamed Hassad avait déclaré devant le parlement le 15 juillet dernier que cette clôture est destinée à «  se protéger des menaces terroristes » des djihadistes de l’Etat islamique (EI).

Une position algérienne inchangée

La polémique autour de la construction de cette clôture n’est que l’arbre qui cache la forêt. Le véritable problème réside dans les différences de vues entre les deux pays qui ont conduit à la fermeture des frontières depuis maintenant 20 ans.

Leur réouverture est surtout soulevée par le Maroc qui a multiplié les appels sans recevoir d’échos positifs de la part de l’Algérie. Mohammed VI a rappelé une nouvelle fois lors de son discours du trône du mercredi 30 juillet, que le royaume souhaite dépasser ce différend. Sans citer nommémant le voisin, le souverain estime que le désaccord entre le Maroc à l’Algérie (sur la question du Sahara, ndlr) « ne saurait justifier par exemple la persistance de la fermeture des frontières ». Mohammed VI ajoute que  « le Maroc n’a cessé d’appeler, depuis plus de six ans, à la recherche d’une issue à cette situation étrange », soulignant que « toutes les initiatives marocaines responsables se heurtent à une intransigeance et un refus systématique ».

Une déclaration à laquelle a répondu le ministre algérien des affaires étrangères Ramtane Lamamra . Dans un entretien accordé à la chaîne de télévision algérienne Ennahar TV, le chef de la diplomatie algérienne a aussi affirmé que son pays est « en faveur de l’établissement de relations bilatérales normales avec le royaume du Maroc, frère ».

Mais la pomme de discorde réside dans la position de l’Algérie vis-à-vis de la question du Sahara, que le ministre algérien a qualifié de « saine et juste ». Pour le Maroc, l’Algérie soutien activement le Front Polisario empêchant tout rapprochement entre les deux pays voisins. Le ministre algérien a ajouté une phrase lourde de sens qui risque de retarder un éventuel rapprochement des vues :  « l’Algérie demeurera attachée à sa position ».

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