Casablanca : quatre jours après le drame, la résignation

L'espoir de retrouver des survivants sur les lieux de l'effondrement de trois immeubles à Casablanca est presque inexistant. Reportage.

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Décombres des immeubles effondrés à Casablanca (quartier Bourgogne).
L'effondrement des trois immeubles à Casablanca a jeté le doute sur les moyens à disposition des secours. Crédit : Yassine Toumi

Lundi 14 juillet à midi, les lieux avoisinants les trois immeubles effondrés au quartier Bourgogne n’attirent plus beaucoup de monde, hormis quelques passants derrière les barrières qui, regards figés, essayent de comprendre ce qui s’est passé. On est loin des centaines de personnes au tout début des opérations. Du côté des forces de l’ordre et des secouristes, la lassitude se ressent. Ne sont aux aguets que les policiers et les éléments des forces auxiliaires chargés de surveiller les barrières. Pour ce qui est de la protection civile, seuls deux agents sont sur les lieux, près des décombres, regardant une pelleteuse balayer les ruines.

C’est que l’espoir de trouver d’autres personnes vivantes est mince pour ne pas dire inexistant. En réalité, à l’heure actuelle, il ne s’agit plus que de nettoyer les débris. La résignation commence à s’installer.

Moyens insuffisants ?

D’ailleurs, le lendemain, le quotidien Aujourd’hui Le Maroc titrait en une « Plus aucune victime sous les décombres », citant la protection civile. La dernière était un octogénaire qui serait le propriétaire d’un des trois immeubles. Les habitants, eux, refusent encore la version officielle. « D’autres personnes seraient toujours ensevelies, surtout ceux vivant au rez-de-chaussée », affirme un jeune habitant du quartier. Même un élément de la protection civile nous a confié « qu’il fallait dégager avant de pouvoir continuer les fouilles ». Devant le drame, habitants et secouristes s’accrochent à la moindre lueur d’espoir. Cherchent le miracle. Mais passé le choc de l’effondrement et les trois jours de recherches, vient le temps de poser les questions, notamment dans un premier temps, le retard des secours.

« Suspension des fouilles, matériel insuffisant. Trois jours pour s’en apercevoir », pouvait-on lire chez nos confrères de L’Economiste. Pour cause, « des risques d’affaissement d’autres habitations voisines ». Il aura fallu attendre jusqu’à dimanche pour que les secouristes puissent se rendre compte que la tractopelle était trop petite et inadaptée aux fouilles.

Pas de décret de deuil national

Était-il possible de mener ces fouilles plus rapidement, et sauver ainsi des vies ? Mustapha Rahine, membre du Conseil de la ville de Casablanca, regrette que le Maroc n’ait pas « décrété un deuil national »  :

Décréter le deuil national nous aurait permis d’avoir des aides étrangères, ce qui allait en premier servir les habitants ensevelis. Que va-t-on faire si Casablanca essuie un jour un tremblement de terre ?

Une des victime dont l’histoire tragique a le plus ému est Amal Maarouf, une jeune actrice ensevelie avec sa mère sous les décombres pendant plus de 24 heures. Selon ses proches, elle pouvait toujours communiquer par téléphone jusqu’à samedi soir. Son corps a été retrouvé le lendemain par les secours.

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