Rapport de l’AMDH : 317 prisonniers politiques au Maroc

Rapport de l’AMDH : 317 prisonniers politiques au Maroc

L’AMDH fait le bilan sur la situation des droits humains en 2013, dénonçant des procès de militants, des lois et conventions qui peinent à entrer en vigueur et la discrimination envers les femmes.

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L’Association marocaine des droits humains (AMDH) a présenté le 18 juin à Rabat son Rapport annuel sur les violations des droits humains au Maroc. Un état des lieux livré un jour après le grand oral de Driss El Yazami, président du Conseil national des droits de l’Homme, instance officielle chargée du respect des droits humains.

Si El Yazami a été critique, l’AMDH l’est davantage et dresse un tableau noir des droits de l’Homme au Maroc. L’AMDH souligne le caractère « commercial » du discours du gouvernement pour faire la promotion des réalisations et des avancées en la matière.

Une législation inadaptée

D’emblée, l’AMDH note que le parlement ne remplit que peu son rôle. En effet, selon le rapport de l’association, la plupart des textes de loi viennent du gouvernement et non du parlement. L’AMDH rappelle également que la deuxième chambre est toujours non-conforme à la constitution de 2011. L’AMDH note par ailleurs qu’il y a toujours une réticence de l’État quant à l’adoption de nombreuses chartes et conventions internationales des droits humains. Enfin, l’association marocaine regrette que certaines recommandations de l’Instance équité et réconciliation soient restées lettre morte : la présentation d’excuses officielles de l’État, l’abolition de la peine de mort et la non-répétition des violations graves des droits de l’Homme.

Une justice qui « réprime »

L’AMDH estime que la Justice sert « d’instrument pour réprimer les militants politiques ». Pour cela, l’association rappelle les cas de poursuites contre « des étudiants de l’UNEM, des détenus de ladite Salafiyya Jihadiyya, des détenteurs de croyances religieuses différentes de la religion de l’État, des activistes sahraouis, mais également des détenus du mouvement des diplômés au chômage ». Chiffre important : l’Association marocaine des droits humains révèle le nombre de détenus politiques en 2013, qui était de 317 prisonniers, selon les statistiques qu’elle avance. L’association revient également sur les affaires de presse et cite les cas d’Ali Anouzla, poursuivi dans le cadre de la loi anti-terroriste ou encore de Mustapha Hasnaoui, journaliste emprisonné et qui a entamé une grève de la faim.

Les femmes toujours opprimées

L’association marocaine note que la mise en avant des réalisations en matière des droits de la femme masque ou relègue en second plan quelques faits qui persistent à discriminer la femme. Pour cela, l’AMDH rappelle entre autres « la discrimination dans les procédures de divorce, l’inégalité entre la mère et le père pour la conservation du droit de garde après le mariage et la tutelle légale des enfants, l’inégalité dans l’héritage, ou encore le fait que la femme marocaine ne soit toujours pas autorisée à se marier à un non-musulman. »

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