Deux familles syriennes bloquées entre le Maroc et l'Algérie

Deux familles syriennes sont bloquées depuis 17 jours à la frontière maroco-algérienne. Aucun des deux pays ne veut les faire entrer sur son territoire.

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Crédit : AFP

Elles ont fui pour échapper à la guerre. Elles se retrouvent coincées entre deux postes frontières. Deux familles syriennes sont bloquées depuis le 20 mai entre le poste marocain de Zouj Bghal, et celui près d’Oujda de Akid Lotfi, côté algérien.

Les militants des droits de l’Homme marocains n’ont que très peu d’informations sur la situation de ces réfugiés : « Nous avons essayé de leur rendre visite mais c’est interdit. Nous savons en tous cas qu’il y a deux hommes, deux femmes et quatre enfants dont un bébé d’un an », nous précise Mohammed Kerzazi, membre de la commission migration à l’Association marocaine des droits de l’Homme (AMDH) section Oujda. « Il s’agit d’une violation du droit à la santé, à la sûreté, et à la circulation. Les conditions s’aggravent de jour en jour avec la chaleur et la pluie qui est tombée la semaine dernière », s’offusque le militant oujdi.

Ces réfugiés n’ont ni abris, ni nourriture. « Ils n’ont absolument rien sauf une vieille carcasse de voiture et les cartons qu’ils ont pu ramasser », s’indigne Kaddour Chouicha, vice-président de la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme, cité par le journal Algérie Focus.

Inquiétude sur la santé d’une enfant de 2 ans

D’après lui, la situation devient vraiment préoccupante pour l’une des enfants : « L’état de santé d’Afinate, une petite fille âgée d’à peine deux ans, s’est gravement détérioré. Les forces algériennes et marocaines ne veulent même pas laisser un médecin passer pour lui prodiguer les soins nécessaires. Elle risque de perdre sa vie si cette situation inhumaine perdure. » Pour Kaddour Chouicha, l’Algérie et le Maroc instrumentalisent ces personnes « pour régler leurs comptes ». En janvier dernier, les deux pays s’accusaient mutuellement de refouler des réfugiés syriens de leur pays vers l’autre.

Le Maroc avait convoqué l’ambassadeur algérien pour lui faire part de sa « désapprobation » d’une expulsion de 77 réfugiés qualifiée « d’acte inhumain ». L’Algérie avait aussitôt répondu qu’elle n’avait « certainement pas besoin de donneurs de leçons lorsqu’il s’agit de manifester concrètement sa sollicitude et son attention soutenue à l’égard des ressortissants syriens qui se trouvent sur son territoire en tant qu’invités du peuple algérien. »

Aujourd’hui, aucun des deux pays ne semble vouloir leur ouvrir ses frontières.

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