Cinéma. A mécréant, mécréant et demi

Actuellement dans les salles, Les mécréants de Mohcine Besri raconte l’histoire de trois apprentis terroristes qui kidnappent les membres d’une troupe de théâtre amateur en route pour leur représentation. Retenus en otages, les comédiens découvrent vite que leur sort est entre les mains d’un cheikh, chef spirituel du commando de ravisseurs, censé donner l’ordre de leur exécution. En attendant le coup de fil fatal, un huis clos s’installe où les kidnappeurs et leurs otages dialoguent. Malgré eux, est-on tenté de dire, ils sont prisonniers d’une cohabitation qui dure, tous étant enchaînés à cet ordre qui ne vient pas. Chacun a ses préjugés sur l’autre, assène des vérités, autant d’idées arrêtées qui alimentent une incompréhension mutuelle. Le réalisateur explique son choix de l’enfermement par sa volonté de voir s’affronter deux mondes aux antipodes. Ces univers hermétiques l’un à l’autre vont être contraints de se découvrir du fait de cette promiscuité. Et le spectateur de comprendre vite, à l’écoute des joutes verbales, qu’on est toujours le mécréant d’un autre.

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