Patrimoine.“Un musée qui part des hommes…”

Le musée de l’Institut du Monde Arabe (IMA) à Paris a rouvert ses portes après trois ans de travaux, et devient un musée de civilisation. Marie Foissy, conservatrice en chef du Patrimoine, explique ses choix.

 

Avec la réouverture en automne des salles d’art de l’Islam du Louvre, l’IMA ne pouvait pas rivaliser. Faire un musée de civilisation, est-ce un choix par défaut ?

Nous avons voulu resserrer le sujet autour de la vocation de l’IMA, dont le musée était jusqu’alors consacré aux arts de l’Islam. En croisant les disciplines (anthropologie, histoire, archéologie, linguistique…), nous avons tenté de recomposer cet univers riche et porteur d’un message de paix. C’est un musée qui part des hommes, et non des objets.

 

Qu’est-ce qui constitue le monde arabe ?

La richesse des sociétés diverses qui le composent, la beauté de leurs productions artistiques et de leurs langues. Ces sociétés ont partagé une histoire commune et vécu dans la tolérance et les échanges spirituels.

 

Des objets amazighs, turcs et persans figurent dans le parcours, et leur lien avec le monde arabe est insuffisamment expliqué. Ne craignez-vous pas qu’on vous reproche de faire des amalgames entre Arabes et musulmans, et que ces peuples se sentent niés dans leur singularité ?

Nous avons toujours essayé d’expliquer les liens entre les cultures. La distinction entre Arabes et musulmans apparaît dès le départ puisque nous traitons de l’époque préislamique. Pour les autres peuples, ils sont traités au même niveau que les Arabes, pour laisser place à la dignité de ces cultures, sans les ghettoïser.

 

Rejoignez la communauté TelQuel
Vous devez être enregistré pour commenter. Si vous avez un compte, identifiez-vous

Si vous n'avez pas de compte, cliquez ici pour le créer