Maroc

Procès du Hirak: nouvelle audience mouvementée sur fond de documents confisqués

Crédit : Yassine Toumi/TELQUEL
Procès du Hirak: nouvelle audience mouvementée sur fond de documents confisqués
février 14
11:43 2018
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Ce mardi, le procès des 54 détenus du Hirak à Casablanca a été marqué par une joute verbale entre parquet, accusés et défense, au sujet d'une histoire de documents confisqués par le directeur de la prison d'Oukacha.

"Ô Marocain, la justice est une pièce de théâtre!". C'est sur ce slogan que Nasser Zafzafi et les autres accusés du procès du Hirak ont quitté le box de la salle 7 de la cour d'appel de Casablanca, peu après le début de la séance.

Avant même la reprise de l'interrogatoire de Hamid El Mahdaoui, Nasser Zafzafi a signifié au juge Ali Torchi que la direction de la prison d'Oukacha "a, une nouvelle fois, confisqué" ses papiers.

Lundi, la défense avait déjà signalé au juge que Zafzafi et l'accusé Lahbib Hannoudi ont été "privés" de leurs documents. Le parquet avait alors annoncé qu'il allait contacter le directeur du centre pénitentiaire à cet effet.

L'avocat Khalid Omeza est donc venu aux nouvelles concernant cette "promesse", tout en révélant que l'accusé Rabie El Ablaq avait engagé une grève de la faim depuis près d'une semaine pour protester contre les "brimades" dont il aurait fait l'objet en prison.

"Des documents n'ayant aucun lien avec le procès ont été retrouvés chez l'accusé Nasser Zafzafi pendant sa fouille au moment de son transfert au tribunal", a répondu le procureur, citant la réponse écrite du directeur de la prison d'Oukacha.

La défense a manifesté son mécontentement quant à cette "non-réponse". Me Khadija Rougani l'a d'ailleurs qualifiée d'"imprécise", demandant à ce que les papiers confisqués soient remis aux avocats afin de vérifier l'argument avancé par le directeur de la prison.

Une joute verbale a éclaté entre avocats et parquet lorsque Nasser Zafzafi a laissé exploser sa colère. "Ô Marocain, la justice est pour toi et moi une pièce de théâtre!", a-t-il hurlé, entraînant le reste des accusés. Une bravade qui lui a valu une expulsion prononcée par le juge.

"Ces slogans portent atteinte à la justice, et revêtent un aspect criminel", a grondé le procureur, avant que le juge Ali Torchi ne lève la séance vers le coup de 16h30.

À la reprise, les accusés ont refusé de reprendre place dans le box, malgré un avertissement du président, qui fut obligé d'appeler Nasser Zafzafi à la barre, afin de s'expliquer sur les raisons de ce boycott.

"Monsieur le juge, je ne reviendrai pas tant que les papiers qui m'ont été confisqués ne sont pas consultés, et les présomptions mensongères du directeur de la prison et du procureur mises à nues", a-t-il juré.

Le juge décide alors de poursuivre l'audience en l'absence des accusés, à l'exception de Hamid El Mahdaoui, qui regagne la barre. "Il serait mieux que le procès se déroule en présence des accusés", conteste alors le bâtonnier, Me Ziane.

Les esprits se sont échauffés lorsque Me Messaoudi a reproché au parquet d'entretenir les tensions autour du procès. "Il faut s'interroger sur le timing de ces confiscations! Pourquoi ces agissements du directeur de prison coïncident-ils avec mon audience?", s'est interrogé El Mahdaoui, laissant sous-entendre un "complot" dont il serait la victime.

Dans ce tohu-bohu, le juge annonce le report du procès au lundi 19 février.

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