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Libération des trois derniers détenus d’Imider

Cr: Hamyd Aït Ali
Libération des trois derniers détenus d’Imider
décembre 29
18:58 2017
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Des 33 personnes arrêtées depuis le début des manifestations à Imider (Tinghir) en 2011, trois étaient encore détenues et ont été libérés entre mercredi et vendredi.

Imider vit le sit-in le plus long au monde, depuis 2011. Cette année-là, 33 jeunes de cette petite localité de 8.000 habitants ont été poursuivis dans le cadre des multiples péripéties du bras de fer entre les habitants et la Société métallurgique d'Imiter (SMI), filiale du Groupe Managem, qui exploite la mine d'argent sur les hauteurs du village. Les trois derniers manifestants incarcérés viennent d'être libérés.

Mustapha Faska avait écopé en décembre 2014 de 3 ans de prison ferme pour "formation de bande criminelle", "vols avec effraction et sous menaces", "violence dans la nuit et par plus d'une personne", "coups et blessures avec des armes blanches", et "occupation de la voie publique". Il a été libéré mercredi.

Jeudi, c'était au tour de Hamid Ouberka, 27 ans, de retrouver les siens. Il a été condamné en décembre 2013 à 4 ans de prison ferme pour "formation d'une bande criminelle", "assaut de la mine", "vol d'argent et sa commercialisation", "rassemblements non autorisés", "incitation des élèves à faire grève" et "obstruction de projets de développement".

"Un long cortège a été organisé depuis le centre pénitencier d'Errachidia jusqu'à Imider pour accueillir Hamid Ouberka. La même opération a eu lieu aujourd'hui pour fêter le retour du tout dernier détenu", nous déclare Hamid Aït Ali, acteur associatif d'Errachidia.

Ichou Hamdane, le dernier des détenus, a en effet été remis en liberté ce vendredi. Il avait en décembre 2013 écopé de 4 ans de prison pour "assaut à la mine", "vol d'argent et sa commercialisation" et "rassemblements non autorisés".

Détenus "Sur la voie de 96"

C’est en 1996 que les habitants d’Imider avaient lancé la première manifestation contre la gestion de la mine d’argent. D’où le slogan des manifestants qui se réclament « Sur la voie de 96 ». La mine en question se situe au niveau du mont Alebban, à 1400 mètres d’altitude, qui domine le village.

En 2004, le forage d'un puits et la construction d'un château d'eau par la SMI dans le but d'approvisionner la mine avaient provoqué un deuxième soulèvement des villageois, dénonçant un risque de pénurie d'eau. C'est à cette occasion que les manifestants ont investi le mont Alebban en y coupant les canalisations qui desservent la mine. Le bras de fer fut entamé.

Mais c'est durant le mois de ramadan en 2011 que l'opposition des habitants à la SMI est montée d'un cran. Arguant une baisse drastique du débit d'eau dans les sept douars constituant Imider, la population avait décidé de fermer les vannes alimentant le principal forage qui fournit la mine. Depuis, les habitants occupent nuit et jour et à tour de rôle cette conduite d'eau pour éviter que la vanne soit rouverte.

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