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L'espérance de vie des Marocains a augmenté de 35 ans en un peu plus d'un demi siècle

Crédit: R. Tniouni /Telquel
L'espérance de vie des Marocains a augmenté de 35 ans en un peu plus d'un demi siècle
octobre 05
10:01 2017
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L'espérance de vie à la naissance au Maroc est passée de 42,9 ans en 1950-1955 à 77,6 en 2015, selon une étude, présentée mercredi à Rabat, sur la situation des personnes âgées au Maroc.

Menée par le ministère de la Famille, de la solidarité, de l'égalité et du développement social, en partenariat avec l'Observatoire national du développement humain (ONDH), cette étude a relevé qu'à 60 ans, les Marocaines espèrent vivre 21,6 ans en 2010, au lieu de 17,7 ans en 1980, contre 19,5 ans au lieu de 17,0 ans pour les Marocains.

Cette étude dévoile également que malgré cette évolution, l'accompagnement médical et social "laisse à désirer", notant que dans un contexte marqué par la nucléarisation des ménages et l’intensification de la mobilité résidentielle, la famille qui, de coutume, s’occupe de ses personnes âgées dépendantes, aura de plus en plus de difficultés à assumer complètement ce rôle.

Les personnes âgées ont constamment évoluées. Selon le recensement de 2014, près de 3,2 millions sont âgés de 60 ans et plus, alors qu’ils n’atteignaient même pas un million en 1960, a précisé l’étude, notant qu’à l’horizon 2030, l’effectif des personnes âgées de 60 ans ou plus va presque doubler. Cette tendance continuerait dans l’avenir puisque le Maroc compterait, en 2050, plus de dix millions de personnes âgées.

Dès le milieu des années 2040, le poids des personnes âgées dépasserait celui des jeunes de moins de 15 ans (21,6 contre 17,7 %) et vers 2050, l’écart se creuserait entre ces deux fractions, s'élevant respectivement à 24,5% et 17,2 %, ajoute la même source.

Concernant la répartition spatiale des personnes âgées, l’étude a souligné qu’environ 60% de la population âgée se concentre essentiellement en milieu urbain, précisant que 20,7 % des personnes âgées résident dans la seule région de Casablanca-Settat.

Au niveau de l’éducation, l’analphabétisme est un facteur de vulnérabilité pour la majeure partie des personnes âgées du Maroc, explique l’étude, soulignant que près de trois personnes âgées sur dix (27%) sont analphabètes et le taux d’alphabétisation est plus faible pour les femmes âgées (13,1%) que pour les hommes (41,3%).

Quant à la contribution économique et sociale des personnes âgées, l’étude a démontré que la participation à la vie active de ces personnes a connu une baisse continue, indépendamment du sexe et du milieu, précisant qu’à l’échelle nationale, le taux d’activité de cette catégorie est passé de 42,9% en 1960 à 19,5% en 2015.

Au niveau national, le taux de la pauvreté absolu des personnes âgées est passé de 9,3 en 2006-07 à 2,2% en 2015, relève l’étude, faisant savoir que 8,6% est vulnérable à la pauvreté en 2015 et la baisse de la pauvreté, constatée au niveau national, concerne plus le rural que l’urbain.

L’étude a également indiqué que de 2006-07 à 2015, la pauvreté est passée dans les villes de 4,9% à 0,7% et dans les campagnes de 14% à 4,5%.

Au terme de cette étude, il ressort que des mutations socioéconomiques et démographiques profondes et des transformations certaines des structures familiales, de modes de vie et de consommation traversent la société marocaine. Ces changements sont à même de fragiliser et relâcher les solidarités familiales et communautaires traditionnelles.

Ainsi, pour relever les défis qui découlent de l’analyse de la situation des personnes âgées et des aspects institutionnels y afférents, des mesures doivent être prises, notamment l’amélioration de l’offre de structures d’hébergement collectif et des services de santé au profit de cette catégorie, le développement de la formation en assistance sociale, l’élaboration, le suivi et l’évaluation de la politique publique intégrée et concertée sur les personnes âgées, outre la mobilisation des ressources suffisantes pour améliorer la prise en charge des personnes âgées dans les établissements de protection sociale.

La ministre de la Famille, de la Solidarité, de l’Égalité et du Développement social, Bassima Hakkaoui a souligné que ce travail de recherche et d'analyse permet de fixer les dimensions quantitatives et qualitatives de la situation des personnes âgées et d’évaluer leur prise en charge dans les établissements de protection sociale.

(Avec MAP)

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