Culture

Pourquoi Ciné Atlas investit-il des dizaines de millions de dirhams dans les salles au Maroc?

Vue d'artiste - Crédit : Ciné Atlas
Pourquoi Ciné Atlas investit-il des dizaines de millions de dirhams dans les salles au Maroc?
juin 07
13:04 2017
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L’entrepreneur, producteur et distributeur français Pierre-François Bernet a déjà mis 10 millions de dirhams sur la table pour la rénovation du cinéma Colisée à Rabat. Il s’apprête à en faire autant pour l’ouverture d’une salle à Agadir, puis dans les agglomérations de plus d’un million d’habitants.

C’est une petite révolution pour le secteur de l’exploitation de salles de cinéma au Maroc. Le groupe français Chrysalis Films, présidé par le producteur et distributeur Pierre-François Bernet, a créé Ciné Atlas Holding dans le but de rénover et de créer une dizaine de salles de cinéma en cinq ans au Maroc et ailleurs en Afrique. Et c’est déjà bien parti. Ciné Atlas a obtenu l’autorisation et a déboursé 10,5 millions de dirhams (fonds de roulement inclus) pour rénover le cinéma Colisée à Rabat, et faire des 1.000 places de la plus vieille salle du Maroc un multiplexe de quatre écrans. Prochaines étapes: Agadir, avec une salle à 9,5 millions de dirhams dans un mall en construction, puis les agglomérations de plus d’un million d’habitants. Il s'agira notamment de Casablanca, Marrakech, Tétouan, Safi... cite de manière non exhaustive Pierre-François Bernet. "Des gens de Meknès m’envoient des propositions. J’ai aussi visité de vieux cinémas à Salé. On réfléchit aussi à l’Afrique subsaharienne, avec des propositions à Abidjan en Côte d’Ivoire, à Yaoundé au Cameroun, et au Sénégal", détaille-t-il.

Touriste au Maroc depuis 20 ans, Pierre-François Bernet passe depuis un an la moitié de son temps en phase de développement. Après 10 ans de production et 10 ans de distribution, il s’installera au Maroc dès juillet. "J’ai décidé que ce projet serait ma seconde partie de carrière", explique-t-il. Diplômé de HEC et de l’ENS Cachan, agrégé de mathématiques, il livre son analyse du secteur vivotant de l’exploitation de cinémas au Maroc, où 31 salles étaient ouvertes pour 1,5 million d’entrées en 2016. "Mis à part quelques salles bien gérées, il n’y a plus de salles au Maroc. Pourtant, il y a évidemment un potentiel énorme. Ce que l’on veut, c’est rompre avec la réputation qu’ont les salles de cinéma. Cela passe d’abord par le taux de remplissage. L’idée, c’est de faire du cinéma un endroit chaleureux. C’est pourquoi nous sommes prêts à faire des salles plus petites, plus propres, plus confortables. La plus grande salle au nouveau Colisée ne fera que 200 places. Ça n’aurait pas de sens de refaire une salle 1.000 places", explique-t-il.

Il entend aussi donner une dimension de quartier à ces futures salles, en s’adaptant à la demande. "Pour certains, la priorité c’est le prix de la place de cinéma. Pour d’autres, c’est le confort. À Souissi, il se pourrait qu’on ait des sofas, complètement électroniques, très haut de gamme. À Salé, c’est assez populaire, donc on choisira aussi des fauteuils confortables, mais pas en cuir par exemple", explique encore Pierre-François Bernet, qui a déjà recruté 14 personnes, dont une équipe de sécurité et d’hygiène. "On est à l’aube d’un boom africain. En Afrique, ça peut aller beaucoup plus vite qu’en Asie du sud-est. Les studios et les distributeurs français sentent bien que ça frémit et que le marché de demain sera africain", prophétise-t-il encore, envisageant également de faire de la place au spectacle vivant dans ses futures salles.

Pour financer ce projet, Chrysalis a d’abord investi en fonds propres, en créant de la dette et en opérant une augmentation de capital. La société a également eu recours à des émissions obligataires via la plateforme de financement participatif Investbook. Une commission du Centre cinématographique marocain (CCM) se réunira également début juillet pour accorder une subvention que Pierre-François Bernet espère à hauteur de 20% de son investissement. Le CCM dispose en effet d’un budget de 7 millions de dirhams pour financer jusqu’à 50 % des projets de numérisation, création ou rénovation de salles.

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