Politique

Les partis de la majorité dénoncent l'"instrumentalisation" des manifestations d'Al Hoceima

Crédit : Yassine Toumi / TELQUEL
Les partis de la majorité dénoncent l'"instrumentalisation" des manifestations d'Al Hoceima
mai 15
12:20 2017
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Financements étrangers et revendications séparatistes sont les principaux griefs des partis politiques à l'adresse des manifestants à Al Hoceima.

Réunis dans la soirée du dimanche 14 mai à Rabat sous la présidence du ministre de l'Intérieur Abdelouafi Laftit, les six chefs des partis de la majorité se sont exprimés à l'unisson contre les protestations organisées régulièrement à Al Hoceima depuis la mort de Mohcine Fikri en octobre 2016. Selon ces derniers, ces protestations "doivent se faire dans le cadre de la loi sans porter atteinte aux intérêts et aux biens publics et privés".

Les chefs de ces formations accusent les militants d’instrumentaliser les revendications socio-économiques et de porter atteinte aux biens publics. Et soupçonnent l'implication de "parties extérieures". Accusations rejetées par les manifestants.

Le chef du gouvernement Saad Eddine El Othmani, en sa qualité de président du Conseil national du Parti de la justice et de développement (PJD) qui conduit la majorité, a déclaré sur Al Oula que les revendications sociales de la population "doivent être satisfaites à Al Hoceima comme dans l'ensemble des provinces et des régions" qui connaissent selon lui "un retard dans les chantiers de développement pour différentes raisons".

"Le traitement des revendications sociales doit se faire dans le cadre de la loi", a-t-il ajouté, assurant que "le gouvernement œuvrera pour accélérer les chantiers du programme de développement spatial de la province d’AlHoceima. 

Lire aussi: Sur fond de revendications sociales, Al Hoceima attend son plan de développement

De son côté, Rachid Talbi Alami, membre du bureau politique du Rassemblement national des indépendants (RNI), a déclaré que la situation dans la province d’Al Hoceima a connu "des déviations menées par un groupe instrumentalisé par l’extérieur et avec qui le dialogue n’a pas abouti". D'après l'ancien président de la chambre des représentants, "tous les éléments confirment que les membres de ce groupe sont engagés dans un processus de financement de la part des ennemis de l’intégrité nationale du Maroc". Faut-il y voir une allusion aux informations relayées notamment par Jeune Afrique sur l'implication de groupuscules indépendantistes étrangers dans les tensions sociales dans le Rif? Pour l'heure, les responsables politiques ne précisent pas leur pensée.

Driss Lachgar (USFP) a affirmé pour sa part que les protestations "doivent se faire dans le cadre de l’édification démocratique et le respect de la loi en vigueur (...) Toute violation de cette loi et toute atteinte aux biens publics ou aux libertés des autres ne figure pas dans le cadre de l’État des institutions et de la loi qui doit protéger les droits et libertés", renchérit le patron du parti de la rose.

Khalid Naciri (PPS) a souligné de son côté que "le mythe des demandes sociales a rapidement pris une autre dimension dans la province d’Al Hoceima". L'ancien ministre de la Communication précise que "la ligne rouge a été dépassée à travers l’expression d’un ensemble de revendications ayant un caractère séparatiste".

En réaction à cette sortie des partis de la majorité, Elmortada Lamrachen, membre du mouvement de contestation, a indiqué sur sa page Facebook que "depuis le début des protestations certains ont essayé d'instrumentaliser politiquement les revendications". L'activiste précise que "tout le mouvement a contré les thèses séparatistes (...). Toute accusation non fondée à l'égard d'un activiste du mouvement nous poussera tous à descendre à la rue (...). Nos divergences d'opinions disparaissent quand nous sommes face à un danger commun".

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