Economie

Le gouvernement El Othmani va décompenser le sucre, le gaz, et la farine

Crédit : Pixabay.
Le gouvernement El Othmani va décompenser le sucre, le gaz, et la farine
avril 18
19:03 2017
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"Les réformes doivent continuer. Les aides sociales aussi". Voilà en substance le credo du gouvernement El Othmani. La décompensation du sucre, de la farine et du gaz aura bien lieu, mais ne sera possible qu'une fois que la "cible" des aides directes aura été clairement définie.

À la veille de sa présentation, le tant attendu programme du gouvernement attise la curiosité. Le nouvel Exécutif poursuivra-t-il les réformes laissées dans les tiroirs ou alors fera-t-il table rase de la politique de son prédécesseur? Quid de la suppression des subventions destinées au gaz, au sucre et à la farine? "La continuité des réformes et la continuité du volet social sont deux variantes qui vont ensemble", résume, laconique, Lahcen Daoudi, ministre délégué auprès du chef du gouvernement, chargé des Affaires générales et de la Gouvernance. Mais encore ? "Les réformes doivent continuer. Et social, social, social ", insiste-t-il, se refusant à tout autre commentaire.

Une autre source au sein du gouvernement est un peu plus loquace. "Qu’il s’agisse du gaz, de la farine ou du sucre, la décompensation progressive va se faire". Une décision loin d'être évidente, à en croire les débats qu’elle aurait suscités parmi les partis de la majorité. "Qui parle de décompensation parle d'aides directes. Or les aides directes ne font pas l’unanimité", nous déclare ce membre du bureau politique du parti de la rose. Pourtant, la question semble d’ores et déjà tranchée. "On ne peut pas se permettre de revenir en arrière alors que le pays a pris des engagements internationaux. C’est la crédibilité du gouvernement et de tout le pays qui est en jeu", commente un membre de l’Exécutif.

Le décret qui instaure la suppression de la subvention destinée au sucre était prêt dès début 2016. "Il est fin prêt et il n’attend plus que sa publication", nous confirmait alors le chef du gouvernement. Pourquoi alors son entrée en vigueur a-t-elle été remise aux calendes grecques? "Il ne faut pas que les couches défavorisées soient impactées. Donc, il faut mesurer. On a l’argent pour aider cinq millions de familles qui risquent d’être touchées, mais il faut bien déterminer cette cible", répond notre source. Les calculs faits par l’ancien gouvernement doivent ainsi être affinés. "On a 70 % des informations, il faut donc les compléter", précise encore notre interlocuteur.

Le discours est le même pour ce qui est de la suppression progressive des subventions de la farine et du butane: "il faut affiner la cible". "On nous disait que, pour le gaz, il faut faire la subvention par le biais de l’électricité. Mais à y regarder de plus près, tout le monde n’a pas d’électricité. Dans le monde rural surtout", explique notre interlocuteur.

Que faire alors? "Il faut brosser un tableau complet", poursuit-il, précisant que "c’est une affaire de trois ou quatre mois".

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