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Algérie : émeutes et grève générale en Kabylie

Algérie : émeutes et grève générale en Kabylie
janvier 03
13:43 2017
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De violents affrontements ont éclaté le 2 janvier à Béjaïa, en Algérie. La ville a été le théâtre d’un appel à la grève générale paralysant une bonne partie de la Kabylie.

La Kabylie est-elle en train de s’embraser ? Des émeutes ont éclaté ce lundi à Bejaïa, une des plus grandes villes de Kabylie, et se sont rapidement propagées à d’autres villes de la wilaya. Tout a commencé lorsqu’un appel anonyme, relayé sur les réseaux sociaux, a exhorté les commerçants de Béjaïa à observer une grève générale. Mais la grève a tout de suite "tourné à l’émeute", comme l’a titré le quotidien algérien Liberté. "Les commerçants, qui ont suivi massivement le mot d’ordre de grève en dépit de l’absence de toute organisation pour le chapeauter, ont voulu protester, pacifiquement s’entend, contre la cherté de la vie et l’augmentation des taxes prévues dans la loi de finances 2017", rappelle le journal algérois. Mais des affrontements n’ont pas tardé à éclater.

Le bilan est lourd. Des édifices publics et un bus de transport public ont été saccagés tandis qu’un camion de CRS a été incendié. Les affrontements, qui ont duré jusque tard dans la nuit, se sont finalement propagées à d’autres localités de la Kabylie, région réputée frondeuse. "Des manifestants ont notamment caillassé le commissariat de Tichy. A Amizour, les manifestants ont barricadé la route nationale. A Tazmalt, plus à l’ouest, des affrontements ont également éclaté", indique le site Tout sur l’Algérie, qui affirme que "d’importants renforts de CRS ont été dépêchés depuis Sétif ", et que la situation est également tendue à Bouira et Chorfa,  "des manifestants ont caillassé la brigade de gendarmerie".

Slogans anti-Bouteflika

La situation est extrêmement tendue dans la wilaya de Béjaïa où les manifestants n’ont pas hésité à entonner des slogans politiques. "La foule reprend les slogans entonnés contre le quatrième mandat de Bouteflika. Elle lance volontiers à tue-tête des slogans anti-pouvoir, ne ménageant ni le chef de l’Etat, ni le Premier ministre. Des atteintes aux symboles de l’Etat ont fusé en cœur", rapporte le site du quotidien El Watan. De son côté, la société civile algérienne se solidarise avec la grève, sans pour autant avaliser les violences. Dans un communiqué, la Ligue algérienne des droits de l’Homme (LADDH) considère que la grève générale est "réussie", tout en dénonçant le recours à la violence.

"Des scènes de violence et de destruction des biens publics sont signalés à Béjaïa et d’autres localités. La LADDH appelle la population à la vigilance et au calme", met en garde l’association. Le principal syndicat des commerçants du pays, l’UGCAA, tente d’apaiser les tensions et a appelé "à faire revenir le calme à partir d’aujourd’hui", c’est-à-dire le 3 janvier. Si aucune victime n’est à déplorer, les médias algériens évoquent quelques blessés du côté des manifestants.

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