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Webzines au Maroc, de quoi vivent-ils ?

Webzines au Maroc, de quoi vivent-ils ?
janvier 12
11:39 2014
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Une vague de nouveaux médias s’impose sur le web marocain, ils proposent un contenu décalé où la créativité est le mot d’ordre. Zoom sur ces petites manufactures 2.0.
 
Ils s’appellent The Nexties, Lioumness ou encore Kahenas, et décortiquent l’actualité culturelle ou testent les derniers produits technologiques. Ces « webzines », comme ils aiment se faire appeler, se distinguent du blog traditionnel en assurant des mises à jour régulières, souvent diversifiées et à caractère informatif. Leur point commun ? Choisir la collaboration comme concept de création. Fonctionnant souvent à un budget réduit, ils ne font pas pour autant dans l’amateurisme. Renonçant à la publicité et autres pop-ups intempestifs pour gagner de l’argent, ils ont plutôt pensé à proposer des services qui servent leur cause pour assurer leur autonomie. 
 
Lioumness, du blog au laboratoire créatif
 
Entre le blogging et l’entreprenariat, il n’y a qu’un pas, et les fondateurs de Lioumness l’ont bien compris. C’est ainsi que ces quatre amis partis en France pour faire leurs études en école de commerce ont fondé Lioumness, un portail qui dresse les portraits des visages de la culture arabe contemporaine. Le site, au design soigné, propose de la vidéo, de la musique et des photos souvent exclusives. Très vite, le concept plait et ses fondateurs n’ont pas hésité à en faire leur métier à temps plein. Amine et Houssine Benboubker, Chama Tahiri et Rim El Khalidy se sont alors jetés dans l’aventure du branding culturel, en fondant le Lioumness Lab, une agence créative qui travaille sur la promotion et la communication à travers la culture. « Utiliser la culture comme objet de communication tout en ayant un ancrage territorial assez fort, c’est ce que nous avons eu comme idée en collaborant avec nos premiers clients » explique Chama Tahiri, responsable communication de Lioumness. Les quarte jeunes blogueurs ont vu grand et ont pour premier client Grace Hotels, une chaine internationale d’hôtels luxueux présente en Chine, en Europe et aux Etats-Unis et qui va s’installer prochainement à Marrakech. Le Lioumness Lab s’occupe donc de toute la partie communication conventionnelle en amont de l’inauguration et sera en charge de la programmation culturelle des lieux par la suite. « Nous nous sommes fixés comme ambition de jetter un pont entre l’industrie culturelle et d’autres enseignes plus classiques », ajoute Chama. C’est ainsi que la promotion de ce nouvel hôtel à  Marrakech ne se fera pas à coups de soirées pompeuses et extravagantes, mais plutôt à travers des résidences d’artistes, des concerts et autres expositions artistiques, promet l’équipe de Lioumness. 
 
 
The Nexties, un Mashable bien de chez nous
 
A l’image du très connu Mashable, site de l’actu 2.0 fondé par Pete Cashmore, The Nexties a tout pour être pris au sérieux : podcasts vidéo, dossiers très documentés et tests des derniers produits High-Tech sortis sur le marché. Mais si son confrère américain draine des millions de dollars, ce n’est pas encore le cas pour The Nexties. « A l’heure actuelle, The Nexties se base sur l’auto-financement. Notre marché est encore inexistant au Maroc pour dire qu’il y a un business model à suivre autour du rédactionnel Tech » explique Youness Qasimi, fondateur du portail et directeur de Synergie Media, stratup basée à Agadir. Et de poursuivre : « nous avons des lecteurs fidèles mais pas assez nombreux pour attirer les annonceurs qui ne prennent en considération que le nombre de visiteurs alors que des métriques plus importantes sont à évaluer : le nombre de pages vues, les visiteurs récurrents, le temps passé sur le site… ».  Mais l’équipe The Nexties, qui jouit plus du succès critique que commercial, ne compte pas s’arrêter là et travaille sur des projets complémentaires au portail qui pourraient générer des revenus. Par exemple : un annuaire des entreprises marocaines dans les nouvelles technologies et un volet « job board » pour le même secteur où demandeurs d’emploi et entreprises sont mis en contact. 
 
 
Kahenas, le bazar contemporain
 
Kahenas, un site qui traite de la culture arabe sous un angle léger et esthétique, s’est quant à lui aventuré dans le e-commerce. Ce webzine qui fédère plusieurs jeunes designers, créateurs de mode ou simples amateurs d’art, a lancé un concept store en ligne. Dans les rayons, des objets d’art contemporain marocain, des art toys imprimés en 3D du designer Younes Duret et la dernière collection de Sofia El Arabi, styliste derrière la marque de vêtements Bakchic. Mais si les objets exposés en valent le détour, ils ne sont pas à la portée de toutes les bourses. C’est à se demander si le e-shop de Kahenas a trouvé son public au Maroc. « Notre cible n’est pas au Maroc, c’est plutôt la diaspora marocaine dans le monde et toutes les personnes friandes de produits exclusifs et de culture marocaine », répond Charaf El Mansouri, fondateur du webzine. L’équipe de Kahenas reste optimiste et se dit satisfaite des 7 commandes reçues pendant les 3 premières semaines qui ont suivi le lancement du store.
 
Les autres
 
Si Kahenas, Lioumness ou The Nexties tentent de monétiser leurs sites respectifs, d’autres webzines, au contenu tout aussi attractif, fonctionnent encore à zéro dirham et s’en contente. « Notre but n’est pas d’avoir des rentrées d’argent, mais plutôt de travailler dans une ambiance de collaboration à côté de nos études » explique Yacine Kaouti, fondateur du site culturel Artisthick. Il n’est d’ailleurs pas le seul à alimenter son site avec l’effort d’une équipe composée de bénévoles, ONORIENT, site spécialisé dans la culture orientale (dont l’auteur de ces lignes est co-fondateur) ou encore Welovebuzz ont choisi le même mode de fonctionnement. Le partage de l’info est le maître-mot. 
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