“Notre combat, c’est de nous libérer du régime” iranien, a affirmé mercredi Reza Pahlavi, le fils du dernier chah d’Iran, réagissant à l’annonce d’un cessez-le feu entre les Etats-Unis et l’Iran.
Nous espérons (…) que le monde libre comprenne que la seule solution, pas seulement pour nous d’ailleurs, pour tous nos voisins régionaux et pour le monde entier, c’est que ce régime ne soit plus en place », a-t-il déclaré sur la chaîne de télévision française LCI.
Figure de l’opposition au pouvoir de Téhéran, Reza Pahlavi, qui vit en exil aux Etats-Unis, s’est inscrit en faux contre les déclarations du président américain Donald Trump pour qui l’élimination du guide suprême Ali Khamenei et de plusieurs responsables iraniens avaient conduit à un changement de régime.
« Quel changement de régime ? Ce sont les mêmes personnes, peut être affaiblies, mais toujours la même personne qui est à la tête du Parlement, il y a les mêmes personnes qui sont dans le pouvoir judiciaire, c’est maintenant le fils Khamenei qui le remplace. Pour nous, c’est pas un changement de régime », a-t-il martelé, tout en se gardant de réagir directement au cessez-le-feu décidé la nuit précédente entre Washington et Téhéran. « Il faut qu’il y ait une coupure nette », a-t-il ajouté.
Selon lui, « il y a trop de sang qui a coulé. Je ne pense pas qu’on a perdu 50.000 personnes en l’espace de deux jours (durant la répression de manifestations en janvier, ndlr) pour qu’il y ait un deal nucléaire américain ».
Donald Trump a affirmé mercredi qu’il n’y aura « pas d’enrichissement d’uranium » en Iran, en ajoutant que les Etats-Unis allaient « travailler » avec Téhéran pour extraire le matériel nucléaire enfoui par les frappes aériennes.
Dans une allocution aux Iraniens diffusé sur sa chaîne YouTube, Reza Pahlavi prédit par ailleurs que la République islamique sera renversée par les Iraniens eux-mêmes. « La République islamique n’a aucune voie de sortie et aucune chance de survie, et elle tombera par vos mains – vous, la grande nation d’Iran », a-t-il déclaré.
Interrogé sur LCI sur le péage qu’entend instaurer Téhéran aux navires franchissant le stratégique détroit d’Ormuz, Reza Pahlavi a estimé qu’un tel dispositif reviendrait à « céder au chantage » de Téhéran.
« Prenez l’exemple de l’Espagne et du Maroc, est-ce que Gibraltar est une zone dans laquelle on va commencer à demander des tarifs (droits de passage, ndlr) pour les paquebots qui sortent? C’est la même logique (…) c’est seulement céder au chantage », a-t-il estimé.
Reza Pahlavi, qui n’est pas retourné en Iran depuis la révolution de 1979 ayant renversé la monarchie, dirige l’un des nombreux mouvements d’opposition basés à l’étranger et se présente comme une alternative en cas de chute du pouvoir iranien.
Mais l’opposition iranienne demeure fragmentée et les groupes issus de minorités ethniques s’opposent depuis longtemps à ses partisans.
Son nom a été scandé par des manifestants lors des rassemblements de janvier contre le régime théocratique, puis par d’immenses manifestations pro-monarchistes en février, à Munich et dans plusieurs villes d’Amérique du Nord.
Mais il n’a pas non plus réussi à obtenir la reconnaissance du président américain Donald Trump, qui ne l’a jamais officiellement rencontré et a à plusieurs reprises exprimé son scepticisme quant à sa capacité à diriger l’Iran.
