Intervenant lors d’un point d’ordre à l’occasion d’une réunion de la Commission de l’enseignement, de la culture et de la communication, en présence de Mohamed Mehdi Bensaid, ministre de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, El Abadi a rappelé que “les dispositions juridiques encadrant le travail du Parlement sont claires”, soulignant que la relation entre les pouvoirs législatif et exécutif doit reposer sur “l’équilibre, la complémentarité et la coopération dans le respect des compétences de chaque partie”.
Il a toutefois relevé qu’“au cours des deux derniers mois, une forme de stagnation a été constatée, comme si l’institution législative était en congé, dans l’attente de la tenue des commissions”. Le député a également déploré que plusieurs requêtes déposées par les parlementaires, au sein de cette commission ou d’autres, “n’aient pas reçu la réponse attendue”, estimant que “le gouvernement ne se présente qu’à des moments précis, soit pour présenter des projets de loi, soit pour faire passer des messages via le Parlement”.
“L’accumulation de dossiers sans réponse reflète une faiblesse de l’interaction gouvernementale”
Selon lui, “l’accumulation de dossiers sans réponse reflète une faiblesse de l’interaction gouvernementale”, qu’il relie à une majorité qui “fait passer ce qu’elle veut”, posant ainsi la question de l’efficacité du travail de contrôle et de législation.
Sur le volet de la communication, El Abadi a insisté sur le fait que “la mission du député ne se limite pas aux questions orales ou écrites, mais inclut également le plaidoyer et la communication directe autour des préoccupations des citoyens”. Il a cependant signalé des “difficultés de communication avec l’administration relevant du secteur de la culture et de la communication”, affirmant avoir tenté à plusieurs reprises de joindre le secrétaire général “sans obtenir de réponse”, ni être reçu, ce qui, selon lui, soulève “une problématique dans la relation entre le politique et l’administratif”.
Il a précisé que les députés “ne demandent pas de privilèges, mais accomplissent leur devoir de défense des causes des citoyens”, appelant, en conclusion, à “améliorer les canaux de communication afin de servir le travail parlementaire et répondre aux attentes des citoyens”.
En réponse, Mohamed Mehdi Bensaid a assuré que son département “adopte le principe d’ouverture en matière de communication”, affirmant que “les portes du secteur sont ouvertes à tous, non seulement aux députés et aux conseillers, mais aussi aux citoyennes et citoyens, dans la limite des moyens disponibles”.
Le ministre a expliqué que la communication “ne se limite pas à l’action en elle-même, mais inclut également les procédures permettant de répondre aux attentes des citoyens”, tout en reconnaissant la pression à laquelle sont soumis les parlementaires, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, en raison de la multiplicité des demandes.
Il a également mis en avant le renforcement de l’approche régionale, à travers l’élargissement des prérogatives des directeurs régionaux, appelés à devenir “la véritable interface de l’administration au niveau territorial”, dans le cadre d’une nouvelle vision de la gestion publique visant à rapprocher les services des citoyens.
Bensaid a par ailleurs estimé qu’“il ne faut pas imputer aux individus les dysfonctionnements de la communication”, évoquant la multiplicité des intervenants et la charge de travail de l’administration. Il a indiqué que l’absence de réponse dans certains cas peut être liée à ce volume de travail, et non à un manque de volonté.
Le ministre a ajouté que la communication passe aussi par les présidents des groupes parlementaires, avec lesquels il veille à maintenir un contact direct, dans la limite des capacités. Il a enfin évoqué la pression liée à la multiplication des canaux, précisant recevoir quotidiennement entre 150 et 200 messages via WhatsApp, rendant difficile un traitement immédiat de toutes les sollicitations.
Concluant son intervention, il a affirmé être conscient de l’importance de la communication, fort de son expérience passée en tant que député, assurant que le ministère poursuivra ses efforts pour améliorer cet aspect “dans la mesure du possible”.
