Les pharmaciens appellent à manifester le 9 avril contre l'ouverture du capital des pharmacies

La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc a tenu un conseil national extraordinaire en réaction au rapport publié le 16 mars 2026 par le Conseil de la concurrence, dont les recommandations portent notamment sur l'ouverture du capital des officines.

Par

AFP

Dans un communiqué daté du 18 mars depuis Casablanca, la Confédération estime que ce rapport constitue « un tournant dangereux vers une privatisation déguisée d’un secteur sensible, ouvrant la voie à une domination du capital dans un domaine étroitement lié à la santé des citoyens et à la sécurité médicamenteuse ».

L’organisation syndicale identifie plusieurs risques majeurs découlant de ces recommandations : la transformation du pharmacien en « simple salarié, privé de son indépendance et de son pouvoir décisionnel », l’émergence d’« une concentration économique et d’un monopole déguisé », la fragilisation des petites et moyennes officines, ainsi qu’une déstabilisation du système pharmaceutique « transformant la pharmacie d’un espace de soins en un simple espace commercial ».

Face à ces orientations qu’elle qualifie d’« inacceptables sur les plans professionnel et éthique », la Confédération exprime « son rejet total et catégorique de toute tentative d’ouverture du capital des officines ou d’atteinte à l’indépendance du pharmacien, sous quelque forme que ce soit ».

Le Conseil national appelle l’ensemble des pharmaciens à participer à un sit-in devant le siège du Conseil de la concurrence à Rabat, le jeudi 9 avril 2026 à partir de 11h00. Il invite également les médias nationaux à couvrir cet événement, présenté comme un « combat pour la sécurité médicamenteuse nationale, la dignité des professionnels et le droit du citoyen à un système pharmaceutique équitable, équilibré et crédible ».

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La Confédération tient par ailleurs « le Conseil de la concurrence, à l’origine de ces recommandations, pour pleinement responsable de toute tension professionnelle ou sociale résultant de la persistance dans cette orientation », et affirme que cette mobilisation représente « un combat de société contre la marchandisation de la santé, et contre la soumission du médicament aux logiques de marché, de monopole et de spéculation ».

Le communiqué est signé par le président, Dr Mohamed Lahbabi, et le Secrétaire Général, Dr Amine Bouzoubâa.