A Washington, Nasser Bourita appelle à mettre de côté l'idéologie dans l'exploitation des minéraux critiques

Repenser l'exploitation des minéraux critiques, c'est le but la réunion ministérielle organisée par la diplomatie américaine à Washington. L'occasion pour Nasser Bourita de préciser la vision du Maroc sur la question où la gestion de ses minéraux doit être séparé de toute idéologie, mais sur le respect des souverainetés.

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Le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita à la Commission des affaires étrangères au Parlement, le 11 novembre 2025 à Rabat. Crédit: Rachid Tniouni/TelQuel

« Sous le leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, le Royaume du Maroc offre une pertinence géostratégique incomparable, une visibilité attractive et un partenariat responsable en matière de minéraux critiques, notamment à travers son positionnement géographique, les ressources et les infrastructures dont il dispose, ainsi que sa fiabilité et sa stabilité politiques », a affirmé, mercredi, le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, lors de la réunion ministérielle sur les minéraux critiques, organisée à Washington, par le Secrétaire d’État américain, Marco Rubio.

Nasser Bourita a souligné que le monde d’aujourd’hui ne manque pas de minéraux, ni de terres rares. « Ce qui lui manque, c’est un développement responsable, un langage de confiance entre les nations, des cadres transparents où le partenariat remplace la dépendance et des chaînes de valeur qui répartissent la prospérité plutôt que de concentrer les risques », a-t-il précisé.

Le ministre a, ainsi, appelé à un « pacte de loyauté entre producteurs, transformateurs et utilisateurs, fondé non pas sur l’idéologie, mais sur le respect stratégique et l’équilibre souverain ».

« L’Afrique devrait être au cœur du pacte entre les producteurs, les transformateurs et les utilisateurs », a soutenu Bourita, qui a rappelé que le roi Mohammed VI avait appelé, dans le message royal adressé aux participants à l’édition 2025 du Forum « Ibrahim Governance Weekend » qu’« avec 40% des réserves mondiales de matières premières et 30% des minéraux critiques ainsi qu’un potentiel considérable en ressources minières, énergétiques, hydriques, agricoles et biologiques, l’Afrique ne peut plus se contenter d’exporter ses matières premières ».

Ainsi, le ministre a appelé à « l’investissement dans les infrastructures, les compétences et la gouvernance de l’Afrique afin de transformer ses richesses naturelles en croissance économique durable, en création d’emplois et en prospérité à long terme pour ses populations ».

« La mondialisation minière actuelle n’est ni libre, ni équitable, ni résiliente », a souligné le ministre, ajoutant que cette mondialisation a  » transformé ce qui devrait être un socle commun pour le progrès mondial en un instrument de pression unilatérale. Il ne s’agit pas simplement d’un problème de chaîne d’approvisionnement, mais d’un déséquilibre structurel ».

« Si ce siècle doit être marqué par les minéraux critiques, qu’il soit aussi celui des partenariats fiables, du respect mutuel et d’une stabilité partagée », a conclu le chef de la diplomatie marocaine.

Il convient de souligner qu’en marge de cette réunion, Nasser Bourita a signé un mémorandum d’entente avec les États-Unis au sujet de la coopération dans le domaine des minéraux critiques et des terres rares.

(Avec MAP)