Secteur minier : le gouvernement lance “une nouvelle ère” avec sa nouvelle stratégie

Réformes juridiques, digitalisation, sécurité des travailleurs : la ministre de la Transition énergétique, Leila Benali, a dévoilé lundi sa stratégie pour repositionner le secteur minier au cœur de l'économie marocaine. Un secteur qui pèse déjà 10% du PIB et génère plus de 40 000 emplois directs.

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Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, le 9 décembre 2024 au Parlement.

Leila Benali, ministre de la Transition énergétique et du Développement durable, a présenté lundi devant la Chambre des représentants une feuille de route qui ambitionne de repositionner le secteur minier au cœur de la souveraineté énergétique et industrielle du Maroc, conformément aux orientations royales. Elle a rappelé que les mines constituent “un pilier essentiel de l’économie nationale”, contribuant à 10 % du PIB, à 20 % des exportations hors phosphates, et générant plus de 40 000 emplois directs.

La sécurité des travailleurs érigée en priorité

Selon Al3Omk, la ministre a souligné que la dynamique actuelle du secteur en dehors du phosphate résulte de l’action conjointe du ministère, de l’Office national des hydrocarbures et des mines et du secteur privé. Elle a précisé que la première étape de la réforme a consisté à traiter les failles en matière de sécurité, évoquant l’accident mortel ayant touché cinq mineurs dès son entrée en fonction. Ce contexte a conduit, selon elle, au retrait en 2021 du projet de loi 33.13 pour le réécrire autour d’une nouvelle priorité : la protection du travailleur minier, notamment via la création d’une “carte du travailleur minier” et la garantie des droits professionnels.

Le projet de loi 32.24, qui révise le cadre légal précédent, vise à soutenir les industries de transformation, à simplifier les procédures, à instaurer une Commission nationale des minerais stratégiques et à renforcer le contenu local au bénéfice de la main-d’œuvre nationale. Benali a également mis en avant le projet de loi 65.24, destiné à transformer l’Office national des hydrocarbures et des mines en une nouvelle structure (ONIM), un changement qu’elle estime crucial pour améliorer la gouvernance et diversifier les financements. Elle a appelé les députés à accélérer l’adoption du texte, dont l’examen est prévu la semaine prochaine.

Le modèle Tafilalet-Figuig étendu aux régions du Sud

La ministre est revenue sur le secteur minier traditionnel dans les régions de Tafilalet et Figuig, affirmant que la tenue du troisième conseil d’administration de “l’Acadétaf” sous l’actuel mandat a constitué “un tournant” dans la gestion de l’institution. Parmi les recommandations : amélioration du cadre juridique, création d’un comité stratégique, renforcement des infrastructures techniques et accords pour développer des zones industrielles dédiées, certaines incitatives ou franches. Le gouvernement souhaite étendre cette expérience aux régions du Sud, jugeant le modèle efficace.

À propos de Jerada, Benali a rappelé que la ville “a une place particulière dans le cœur des Marocains” et que le gouvernement met en œuvre un plan global de restructuration du secteur minier local, incluant une plateforme numérique reliant les mineurs de charbon au marché national pour garantir un revenu équitable et un cadre légal clair.

La ministre a également annoncé l’entrée en service, au premier trimestre 2026, d’un “registre minier national numérique” regroupant plus de 40 démarches administratives. L’objectif : simplifier les procédures, renforcer la transparence, améliorer l’accès à l’information et consolider la gouvernance.

Elle a enfin évoqué la récente participation du Maroc à la “Déclaration de Marrakech” sur la valorisation des matières minérales vertueuses, y voyant une étape importante vers un futur minier tourné vers les infrastructures et les technologies de transport de l’énergie. Des réunions concernant le port de Nador, les pipelines et les routes liées aux chaînes de valeur minérale sont prévus, des projets destinés à soutenir l’essor des industries de transformation.

Pour Benali, l’ensemble de ces réformes représente une étape déterminante pour positionner le Maroc dans l’économie mondiale des minerais et garantir une exploitation “sûre, transparente et durable” des ressources nationales.

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