Ahmed Touizi, président du groupe parlementaire du Parti Authenticité et Modernité (PAM) à la Chambre des représentants, a déclaré mardi à la Commission des finances, lors des débats sur le projet de loi de finances 2026, que les minoteries moudraient “du papier à la place de la farine”. Des déclarations qui ont provoqué une vive controverse, certains observateurs les ayant prises au pied de la lettre.
Dans un entretien accordé ensuite à Hespress, le député a précisé qu’il s’agissait d’“un simple usage métaphorique” visant à dénoncer “la falsification de factures par certaines minoteries profitant des subventions publiques”, un soutien qui atteint cette année 16,8 milliards de dirhams.
L’élu du PAM a précisé que ses propos visaient “à exposer les dysfonctionnements du système de subvention de la farine”. Il a reconnu avoir “employé une image”, mais sans vouloir dire “qu’il y avait réellement du papier dans la farine”. Le député Touizi devrait ainsi être entendu au sujet des informations qu’il détient concernant ces falsifications de factures.
Touizi a également pointé du doigt “certaines grandes minoteries qui contrôlent le marché sans respecter les normes de qualité”, et accusé le “lobby des minoteries” de chercher à détourner le débat, en entretenant une polémique sur sa déclaration pour faire oublier les soupçons de manipulation et de rente.
Il a également affirmé que son objectif était de garantir que “le soutien de l’État parvienne effectivement aux familles pauvres”, soulignant que le registre social unifié permettra de diriger directement les aides vers leurs bénéficiaires. “Au lieu de subventionner le prix du pain ou du gaz, l’appui financier sera versé sur les comptes des citoyens concernés pour qu’ils achètent ces produits à leur juste prix”, a-t-il ajouté.
Des analystes ont toutefois estimé que “se réfugier dans le langage figuré” pouvait prêter à confusion dans un pays où l’analphabétisme reste élevé et où le discours politique devrait être “clair et accessible”. Touizi a rétorqué que “le parlementaire a la liberté de dire ce qu’il pense”, tout en reprochant aux journalistes d’avoir sorti ses propos de leur contexte, bien que l’enregistrement de la séance ait donné lieu à un malentendu avant ses précisions.
