France : deux ans de prison ferme pour six membres d'un groupe d'ultradroite antimusulman

Six membres d'un groupe français d'ultradroite, Action des forces opérationnelles (AFO), ont été condamnés mardi à Paris à deux ans de prison ferme pour avoir projeté des actes visant des musulmans de France.

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En préparant lors de réunions les membres d’AFO « à l’affrontement avec la communauté musulmane », ces six hommes, âgés de 39 à 76 ans, se sont rendus coupables d’association de malfaiteurs terroriste, selon le tribunal correctionnel.

Ils devront purger leur peine à domicile sous bracelet électronique, a décidé le tribunal, qui a également prononcé une peine d’un an de prison ferme et cinq peines de prison assorties du sursis contre six autres prévenus, dont trois femmes.

Quatre autres ont été relaxés de l’accusation d’association de malfaiteurs terroriste, même si trois devront s’acquitter d’amendes pour détention illicite d’armes.

Parmi les condamnés à de la prison ferme figurent Guy Sibra, 72 ans, présenté comme le fondateur d’AFO, Bernard Sorel, 76 ans, le chef de la cellule Ile-de-France, et un ancien militaire de 39 ans, Daniel Raimbault, recruté pour ses connaissances en explosifs.

En envisageant des « opérations de représailles » contre les musulmans en cas d’attentat, et en menant des actes préparatoires d’actions violentes, « vous êtes tombés dans le piège du terrorisme en répondant à la terreur par la terreur », a dit le président du tribunal aux condamnés.

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Le procès, qui s’est tenu il y a trois mois, est intervenu dans un contexte d’augmentation des actes antimusulmans en France : entre janvier-mai 2025, ils ont grimpé de 75% par rapport à 2024 (145 contre 83), en majorité des atteintes aux personnes qui ont connu un bond spectaculaire (+209%, de 32 à 99), selon les chiffres du ministère de l’Intérieur.

Parmi les projets de ce groupe, l’« opération halal » prévoyant de dissimuler les femmes d’AFO sous des niqabs pour empoisonner de la nourriture dans les rayons halal de supermarchés, avec du cyanure ou de la mort aux rats.

Le groupe avait aussi imaginé tuer « 200 imams radicalisés » et faire exploser la porte d’une mosquée de Clichy-la-Garenne, en région parisienne.

Pendant le procès, les prévenus ont tous mentionné le choc et la peur ressentis après les attentats de 2015 et 2016 en France et leur volonté d’agir pour protéger leurs familles.

Dans leurs plaidoiries, les avocats de la défense avaient en bloc rejeté la qualification d’association de malfaiteurs terroriste, passible de dix ans d’emprisonnement, évoquant des projets à « un stade embryonnaire ».