Après la création en Mauritanie du « Groupe pour la paix et le retour dans la dignité par des citoyens sahraouis », Abdelaziz Badi, président du groupe, a affirmé avoir reçu un grand nombre de demandes de Sahraouis désireux de regagner le Maroc, notamment ceux résidant en Mauritanie et en Europe.
Badi a expliqué, dans une déclaration à TelQuel Arabi, que cette initiative est intervenue en réaction aux propos d’Omar Hilale, représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU, qui a rappelé que le retour sur la terre du Sahara marocain reste un droit exclusif des personnes recensées par l’administration coloniale espagnole en 1974.
Des voix croissantes contre le Polisario
Il a indiqué que les voix opposées au Front Polisario se multiplient à l’intérieur des camps, poussant ce dernier à recourir aux armes et aux tirs pour couvrir ses problèmes internes et les protestations grandissantes.
Selon lui, l’idée a subi des pressions lors de sa mise en place, de la part de personnalités mauritaniennes et de Sahraouis favorables au Polisario. Il a ajouté que la question du retour n’est plus abordée comme auparavant, ce qui a nécessité une initiative civile pour la porter.
Badi a précisé que l’association compte un nombre important de familles et de personnalités, parmi lesquelles d’anciens militaires du Polisario, ce qui lui confère une valeur ajoutée pour contrer le discours du Front et donner davantage de crédibilité à la revendication du retour.
Après sa création, l’association a appelé le Maroc à rouvrir la porte du retour à tous les volontaires, notant qu’un nombre considérable de Sahraouis souhaitent rejoindre le Royaume. Une correspondance a été adressée au roi Mohammed VI pour solliciter son intervention dans ce dossier, considéré comme essentiel pour renforcer les acquis diplomatiques du Maroc et concernant l’ensemble des Sahraouis dans les camps et ceux trompés par la propagande.
L’association a également adressé plusieurs courriers à la communauté internationale, notamment en Europe et en Mauritanie, pour se faire connaître et présenter ses objectifs, proposant des solutions pratiques en cas d’acceptation par le Maroc de préparer les conditions d’accueil de milliers de rapatriés, à travers un projet garantissant dignité, stabilité, liberté et participation au développement.
Un communiqué fondateur axé sur le retour
Dans son communiqué fondateur publié le 1er juin 2025 à Nouadhibou, l’association insistait déjà sur l’ouverture du retour à tous ceux qui souhaitent rejoindre la patrie, en cohérence avec l’appel lancé par le roi défunt Hassan II : « La patrie est clémente et miséricordieuse ».
Le communiqué affirmait que le Groupe pour la paix et le retour dans la dignité vise à représenter les Sahraouis désireux de retrouver leur pays d’origine, le Maroc, en réaffirmant l’attachement à l’unité territoriale et en rejetant la situation « inhumaine et séparatiste » des camps de Tindouf.
Dans ce cadre, l’association a souligné que ses principales revendications portent sur le retour sûr et digne au Maroc, le refus de la tutelle de la direction du Polisario, la dénonciation de la répression intellectuelle et physique dans les camps, ainsi que la présentation de ces revendications aux autorités nationales et internationales, y compris à l’ONU, tout en s’ouvrant au dialogue et à la coordination avec diverses parties pour mettre fin à la souffrance des Sahraouis.
De son côté, Bab Cheikh, cofondateur du groupe et Sahraoui résidant en Mauritanie, a affirmé que la création de l’association s’inscrit dans un contexte marqué par la volonté de nombreux Sahraouis de retourner au Maroc.
Il a ajouté, dans une déclaration à TelQuel Arabi, que l’association a déposé ses documents de création auprès des autorités mauritaniennes et poursuivra son action pour atteindre les objectifs fixés.
Il a également insisté sur sa volonté personnelle de revenir au Maroc avec sa famille, précisant avoir déjà soumis une demande officielle en ce sens.
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