L'eurodéputé Alvise Perez affirme avoir placé le drapeau espagnol sur les îlots en face d’Al Hoceima

Le leader du mouvement d’extrême droite espagnol “Se Acabó La Fiesta” (SALF), Luis Alvise Pérez, a suscité la polémique en Espagne et au Maroc après avoir hissé un drapeau espagnol de quatre mètres sur l’un des îlots face à la baie d’Al Hoceima, territoire sous souveraineté espagnole mais revendiqué par Rabat.

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Capture d'écran

L’eurodéputé Alvise Pérez, leader du mouvement d’extrême droite “Se Acabó La Fiesta” (C’en est fini de la fête), affirme avoir placé un drapeau espagnol sur les îlots situés près du Peñón de Alhucemas (ou rocher d’Al Hoceïma), Isla de Tierra et Isla de Mar, à quelques dizaines de mètres de la côte nord du Maroc, selon une vidéo qu’il a diffusée ce mardi sur son compte X.

Dans cette vidéo, on voit le politicien, connu pour ses actions de provocation, exhiber le drapeau plié avec l’écusson national visible, mais on ne le voit pas le déployer sur les îlots. Des photographies prises à distance par des habitants de la zone auxquelles le quotidien espagnol El País a eu accès semblent montrer le drapeau étendu sur la terre de l’île la plus éloignée de la côte, Isla de Mar.

L’archipel espagnol d’Al Hoceïma comprend le Peñón (ou rocher), qui abrite une garnison militaire, tandis que les îlots Tierra et Mar sont dépourvus de population ou d’infrastructures.Crédit: Wikimedia Commons

Alvise Pérez affirme que ces îlots, “sous souveraineté espagnole et gardés par des forces militaires”, sont régulièrement au centre de tensions diplomatiques. Il accuse le Maroc d’avoir parfois restreint la visibilité du drapeau espagnol et de revendiquer ces territoires “au même titre que Sebta, Melilia et les îles Canaries”.

Le politicien affirme également que les autorités marocaines ont tenté d’empêcher son action symbolique et compliqué son entrée sur le territoire, évoquant un premier essai infructueux effectué à pied dans la nuit de samedi.

Alvise Pérez appelle également ses partisans à “défendre nos maisons, nos quartiers, nos villes et notre pays”. Il accuse par ailleurs “la partitocratie lâche et criminelle” espagnole.

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L’action, hautement symbolique, intervient dans un contexte où la question des présides et îlots sous contrôle espagnol, comme Sebta, Melilia ou les îles de la baie d’Al Hoceima, reste un point sensible des relations maroco-espagnoles.

Début août, le ministère espagnol de la Défense avait formellement démenti les rumeurs selon lesquelles l’Espagne aurait retiré son drapeau des îlots Isla de Tierra et Isla de Mar.

Le ministère avait affirmé qu’il n’existe pas de drapeaux sur mât” depuis plus de vingt ans sur ces deux îlots. Ceux-ci ont été remplacés par des structures métalliques peintes aux couleurs nationales, censées résister aux intempéries. Les autorités reconnaissent toutefois que la météo, l’environnement marin et la faune peuvent altérer leur visibilité.

Des sources locales consultées par El País estiment que les plaques métalliques représentant les drapeaux ont disparu depuis au moins cinq ans, victimes de tempêtes et de vols. La semaine dernière, une patrouille espagnole aurait débarqué pour renforcer les clôtures et réajuster les panneaux interdisant l’accès à la zone militaire.