Ouahbi tance l’opposition : « Vous êtes incapables de présenter une motion de censure »

Lors de la séance plénière consacrée à l’examen du projet de loi sur la procédure pénale, mardi à la Chambre des représentants, le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi a vivement réagi au débat sur la motion de censure avortée. Il a affirmé qu’il aurait été surpris si les députés du groupe socialiste – opposition fédérale – avaient rejoint les autres formations de l’opposition dans cette démarche.

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Le ministre de la Justice Abdellatif Ouahbi au Parlement, le 13 janvier 2025. Crédit: Rachid Tniouni / TelQuel

Rappelant que la Constitution accorde à l’opposition plusieurs mécanismes d’action, Ouahbi a cité la présidence des commissions d’enquête, les missions exploratoires, et la possibilité de présenter une motion de censure. Il a lancé à l’adresse de ses détracteurs : « Vous êtes incapables de présenter une motion de censure, et vous voulez donner aux associations le droit de déposer plainte dans les affaires de corruption ».

Poursuivant dans le même ton, il a ajouté : « Permettez-moi de vous le dire, vous ne pouvez pas présenter une motion de censure. C’est un échec politique de l’opposition ». Une déclaration qui a fait réagir le député Mostafa Ibrahimi (PJD), qui a répondu : « Ma khlawnach » (On ne nous en a pas laissé la possibilité).

Ouahbi a conclu : « Cela relève de la responsabilité de l’opposition, pas de la mienne. Mais j’aurais été étonné que le parti qui s’est désengagé de l’initiative signe finalement avec vous ».

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Pour mémoire, le groupe socialiste avait annoncé, vendredi dernier, suspendre toute coordination concernant la motion, en dénonçant « l’absence de volonté réelle de la faire avancer » et « l’obstination à enfermer l’initiative dans des considérations purement formelles ». Il a aussi critiqué « la disparition de la finalité démocratique de l’outil au profit d’une vision comptable étriquée recherchant un gain rapide ».

Selon le même groupe, malgré plusieurs réunions, aucune volonté sincère n’a été observée pour concrétiser l’initiative, certaines composantes de l’opposition ayant préféré s’attarder sur « des détails techniques et subjectifs, étrangers aux usages politiques et parlementaires en vigueur ».