Guerre en Ukraine : après la Chine, c’est au tour de l’Afrique de tenter une médiation

Une mission de paix menée par six dirigeants africains partira “dès que possible” en Ukraine et en Russie pour tenter de “trouver une solution pacifique au conflit dévastateur”, a annoncé mardi le président sud-africain Cyril Ramaphosa.

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Le président russe Vladimir Poutine, le président chinois Xi Jinping, le président brésilien Jair Bolsonaro, le président sud-africain Cyril Ramaphosa, et le Premier ministre indien Narendra Modi posent pour une photo de famille lors du 11e sommet des BRICS, le 14 novembre 2019 à Brasilia, au Brésil. Crédit: Sergio Lima / AFP

Vladimir Poutine et Volodymyr Zelensky ont “accepté de recevoir la mission et les chefs d’État africains, à Moscou et à Kiev”, a déclaré Ramaphosa lors d’une conférence de presse au Cap.

J’ai convenu avec le président Poutine et le président Zelensky de commencer à préparer les engagements avec les chefs d’État africains”, a-t-il poursuivi. La mission inclura, outre l’Afrique du Sud, le Sénégal, la Zambie, le Congo, l’Ouganda et l’Égypte.

Les pays africains ont été moins unanimes que les grandes puissances occidentales à dénoncer l’invasion russe de l’Ukraine de février 2022. Des pays comme le Sénégal et l’Afrique du Sud se sont ainsi abstenus à l’ONU lors du vote d’une résolution la condamnant.

Cyril Ramaphosa, qui a précisé s’être entretenu au cours du week-end avec ses homologues russe et ukrainien lors d’“appels téléphoniques séparés”, a dit espérer “des échanges soutenus avec les deux dirigeants” au cours de la mission.

La veille, Ramaphosa s’était indigné que Pretoria subisse des “pressions extraordinaires” pour choisir son camp. Proche du Kremlin depuis l’époque de la lutte contre l’apartheid, l’Afrique du Sud a toujours refusé de condamner l’invasion de l’Ukraine, affirmant rester “neutre” et vouloir privilégier le dialogue.

Cette position a irrité sur la scène internationale. D’autant que Pretoria a accueilli des exercices navals avec la Russie et la Chine en février, peu avant le premier anniversaire de l’invasion russe, ravivant les inquiétudes occidentales.

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L’annonce d’une mission africaine survient par ailleurs après de récentes tensions entre Pretoria et Washington autour de la question russe. L’ambassadeur américain en Afrique du Sud a affirmé la semaine dernière qu’un cargo russe avait accosté en décembre près du Cap pour repartir vers la Russie chargé d’armes et de munitions.

Le gouvernement sud-africain a déclaré qu’il n’existait aucune trace de ventes d’armes approuvées par l’État à la Russie sur la période en question et le président Ramaphosa a annoncé l’ouverture d’une enquête sur l’affaire.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a été informé du projet de mission de paix africaine “et l’a accueilli favorablement”, a encore précisé Cyril Ramaphosa.