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Quand le haïk fait son “flashback”

Yassine Toumi / TelQuel

Crédit: Yassine Toumi / TelQuel

Quand le haïk fait son “flashback”

Un groupe de jeunes femmes appelle à la réappropriation du haïk et du litham, portés dans le passé au Maroc. Partie d’un challenge lancé sur les réseaux sociaux, une sortie collective peu conventionnelle a été organisée le 12 mai à Casablanca. (Photos : Yassine Toumi / Texte : Ghita Ismaïli)

 

Midi, place Maréchal. En ce dimanche très ensoleillé de ramadan, une vingtaine de femmes se sont donné rendez-vous pour une balade unique en son genre au centre-ville de Casablanca. Toutes vêtues de haïks et de lithams, elles marchent en direction de Bab Marrakech, l’un des plus vieux quartiers de la ville, tout en fredonnant des titres cultes de la musique andalouse agrémentés de zgharit (youyous). La scène semble sortir du Casablanca des années 1950. Et pourtant, cette action inédite est partie d’un challenge lancé fin avril dernier sur les réseaux sociaux par des passionnées de coutumes traditionnelles. “C’est Amani, une fille originaire de Chefchaouen, qui habite aujourd’hui à Tétouan, qui a lancé le challenge. On était plusieurs à suivre ses stories et ses posts. Face au succès du défi sur Instagram, nous nous sommes organisées pour faire des sorties en haïk et en litham dans plusieurs villes du Maroc”, nous explique Wahiba, 22 ans, étudiante à la Faculté des lettres et des sciences humaines de Aïn Chock et coordinatrice de la sortie en haïk à Casablanca. Avant ça, des défilés similaires ont été organisés récemment à Tanger, Larache, Oujda, Rabat, Marrakech, Agadir ou encore à Demnate. En mars 2016, le collectif d’artistes algériens Belaredj avait organisé une initiative semblable à Alger pour “explorer les dimensions et les usages, même les plus modernes” du haïk, rapportait alors le magazine web Onorient. “Plusieurs personnes nous demandaient de faire pareil à Casablanca. J’ai créé un groupe pour organiser une sortie dans la ville à la demande de Amani. Une vingtaine ont répondu présentes dimanche”, précise-t-elle. L’objectif derrière cette initiative, qui n’a rien de religieux, est de faire revivre ces habits traditionnels pratiquement disparus de l’espace public. Selon Meriem, 21 ans, le but est aussi de faire barrage à une forme d’acculturation. “Nous voulons redonner de la considération à notre habit traditionnel. Aujourd’hui, les filles s’inspirent beaucoup de l’étranger pour s’habiller, notamment des pays du Golfe”, estime-t-elle. “S’il n’y avait pas la djellaba et le caftan, on aurait perdu toute notre identité vestimentaire”, ajoute Wahiba. Selon la jeune femme, les participantes au “haïk challenge” ont fait une collecte de vêtements destinée à l’association Maghrib al ibdaâ (Maroc de la création). Après ça, elles veulent se constituer en association pour “défendre et donner un nouveau souffle au patrimoine traditionnel national”.

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    Au cœur de l’ancienne médina, ces femmes enveloppées dans des étoffes traditionnelles et au visage à moitié couvert font partie des participantes au “Moroccan haïk challenge” organisé à Casablanca.

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    Au premier plan, une des participantes est habillée d’un ancien modèle de djellaba avec une capuche traditionnelle, de plus en plus rare de nos jours. Avec ses compagnes, elles se rendent à Bab Marrakech.

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    oyau architectural et reflet de la tradition musulmane marocaine, la mosquée Hassan II faisait partie du circuit du challenge casablancais.

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    Après avoir arpenté les ruelles de l’ancienne médina, les jeunes femmes se sont dirigées au Marina Shopping, le centre commercial inauguré le 17 avril dernier. Le contraste entre l’époque des vêtements et la modernité des lieux est frappant.

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    Sur la Place des Nations Unies, le groupe casablancais marche sous le regard intrigué de certains passants et passagers du tramway.

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    Armées de leurs gouffate (paniers traditionnels), trois participantes se fondent parfaitement dans le décor des étroites ruelles de l’ancienne médina.

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    C’est la saison de la pastèque. Les jeunes femmes s’arrêtent chez un vendeur installé à côté de la mosquée Ould Lhamra, dans l’ancienne médina.

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    Tatouages sur le front et tenue noire, les deux femmes font une pause au mausolée Sidi Allal Al Kairouani, restauré en 2016 avec d’autres sites historiques de la médina.

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