Samedi, alors que les rues de Rabat capitulaient devant l’attraction des cafés un soir de Coupe du monde, le quartier des ambassades résonnait au son du berimbau et du pandeiro, de l’atabaque et de l’agogô, ces instruments dont se nourrit l’art martial brésilien de la capoeira. L’ambassadeur du Brésil au Maroc, Alexandre Guido Lopes Parola, a profité d’une rencontre dont seul le Mondial de foot a le secret pour organiser chez lui une soirée aux couleurs de l’étoile chérifienne et du ciel étoilé.
Ici, par oubli ou non-dit, on n’évoque pas les traumatismes de 1998 – quand le Brésil éliminait le Maroc en poule par une défaite inopinée contre la Norvège. Un souvenir peut-être noyé dans les six coupes du monde jouées depuis, dont une victoire (2002), quelques quarts de finale décevants (2006, 2010, 2018 et 2022) et un traumatisme (2014, défaite en demi-finale 7-1 face à l’Allemagne lors d’un Mondial à la maison).
Par conséquent, et aussi parce que soirée d’ambassadeur oblige, les spectacles de capoeira donnés ce soir-là doivent illustrer le football qui rassemble et les cultures qui s’alimentent. À 22 h donc, alors que l’affiche attendue approche, des Marocaines et des Marocains jouent, chantent et s’élancent sur la pelouse taillée de près pour un spectacle de capoeira. Les passes s’enchaînent, et les combattants marocains sont bientôt rejoints par des résidents brésiliens – “rouillé”, nous confie l’un d’entre eux, dans la pratique de son sport.
Et tandis que des musiciens prennent la relève, les invités interrogés sur leurs pronostics voient étonnamment juste. Peut-être influencé par le sceau diplomatique de la soirée, pas un n’échouera à augurer le match nul que sifflera, quelques heures plus tard, l’arbitre de la rencontre Slavko Vinčić.
