Depuis quelques années, le Maroc prend le virage de l’intelligence artificielle (IA), et s’intéresse particulièrement aux data centers. Deux centres de données nouvelle génération, aux capacités colossales, alimentés par des énergies renouvelables, devraient voir le jour à Dakhla et à Nouaceur. Ces initiatives ambitieuses soulèvent toutefois des questions : à quoi peut réellement servir un projet aussi coûteux, énergivore, gourmand en eau et faiblement créateur d’emplois ?
Destinés aux calculs pour l’IA
Si des data centers qui servent à stocker des données (à l’image de grands disques durs) sont déjà présents au Maroc, ces deux projets sont dédiés à l’intelligence artificielle (IA) et envisagent d’atteindre une capacité de 500 mégawatts (MW). Celle-ci permet d’alimenter les serveurs, réseaux et systèmes de refroidissements. À titre de comparaison, seul un data center possède une capacité plus importante : le campus Citadel de Switch Inc. dans le Nevada, l’un des plus vastes sites de centres de données au monde, avec une capacité de 650 MW. Plus cette capacité est élevée, plus le data center est puissant.
Ces data centers IA, “d’un genre nouveau”, sont conçus pour réaliser d’importants calculs, souligne ainsi à TelQuel Salah Baïna, expert en transformation digitale et intelligence artificielle. Or, ces calculs sont bien plus énergivores que ceux des data centers classiques — d’où les 500 MW envisagés, précise-t-il.
