Pendant des années, la scène s’est répétée dans les couloirs des hôpitaux publics et des CHU : des infirmiers contraints d’aider un patient à se laver, de le transporter d’un service à un autre, de veiller à la propreté de sa chambre. Des tâches indispensables, certes, mais qui ne figurent dans aucune fiche de poste infirmière.
En cause, une lacune structurelle : le Maroc ne dispose toujours d’aucun cadre légal pour les aides-soignants. Ces personnels existent, parfois recrutés par des établissements publics eux-mêmes, y compris dans des CHU, mais sans statut, sans grille de rémunération et sans droits définis.
Ce flou juridique a alimenté, pendant des années, une revendication persistante du corps infirmier : qu’une catégorie de personnel soit clairement désignée pour les tâches paramédicales de base, afin de leur permettre de se concentrer sur leur cœur de métier.
Le ministère de la Santé et de la Protection sociale semble avoir entendu cet appel. TelQuel a consulté un projet de décret portant statut particulier du « Corps des aides de santé », relevant du département ministériel. Le texte, dont la date d’entrée en vigueur reste à fixer, est contresigné par le ministre de la Santé, le ministre délégué chargé du Budget et la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la Réforme de l’administration. Il a été soumis au Conseil du gouvernement.
