Tourisme : pourquoi les fragilités persistent malgré les records d’arrivées

Avec plus de 18 millions de visiteurs à fin novembre, le Maroc signe déjà une année record. Mais derrière cet engouement, le potentiel de nombreuses régions reste sous-exploité. Concentration géographique, saisonnalité, dépendance à l’Europe : les fragilités persistent. 

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Fadel Senna / AFP

Les compteurs explosent. À fin novembre 2025, le Maroc a franchi la barre des 18 millions de visiteurs, dépassant déjà de plus de 600 000 le total enregistré sur l’ensemble de l’année 2024, avec une progression annuelle de 13,5%. La tutelle salue un “nouveau cap”, porté par les investissements engagés dans le cadre de la Feuille de route 2023-2026 : connectivité aérienne renforcée, campagnes de promotion ciblées à l’international, montée en gamme de l’offre touristique… 

«  Nous sommes sur la bonne trajectoire pour clôturer l’année en force, notamment avec l’organisation de la CAN qui laisse prévoir un mois de décembre exceptionnel  », se félicite la ministre du Tourisme, Fatim-Zahra Ammor. 

Record historique, mais  

“Les régions marocaines accueillant le plus de touristes témoignent d’un tourisme encore trop polarisé, malgré les ambitions de développement régional équilibré”

Zoubir Bouhoute, expert en politiques touristiques

Si l’attractivité du Maroc ne fait plus de doute, certains signaux appellent néanmoins à une lecture plus nuancée, car la dynamique actuelle reste extrêmement polarisée. Selon les données détaillées de l’Observatoire du tourisme arrêtées à fin octobre, 53,1 % des touristes sont arrivés via seulement quatre aéroports : Marrakech (24 %), Casablanca (16 %), Agadir (6,8 %) et Tanger (6,3 %). À ce hub aérien s’ajoute le poids des ports du Nord : Tanger Med (1,23 million d’arrivées) et Tanger Ville (582 000 arrivées), confirmant une forte dépendance aux même corridors logistiques.  

« Ces chiffres témoignent d’un tourisme encore trop polarisé, malgré les ambitions de développement régional équilibré », observe Zoubir Bouhoute, expert en politiques touristiques. 

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