Uber annonce officiellement son retour au Maroc à la veille de la CAN 2025

À Casablanca et Marrakech, les utilisateurs peuvent à nouveau commander une course via l’application Uber. Le géant américain de la mobilité a officialisé ce jeudi son retour au Maroc, sept ans après avoir suspendu ses activités en raison d’un vide juridique persistant dans le secteur des VTC.

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AFP / Archives

À Casablanca et à Marrakech, les utilisateurs peuvent dès aujourd’hui commander une course via l’application et choisir entre les options UberX ou UberXL », annonce Uber dans un communiqué. UberX correspond aux trajets standards, tandis qu’UberXL propose des véhicules plus grands, adaptés aux groupes ou aux déplacements avec bagages. L’application aura recours exclusivement à des véhicules de transport agréés, précise-t-on, ajoutant que d’autres villes seront intégrées à l’avenir. La plateforme insiste sur une expérience améliorée : courses multi-destinations, réservation à l’avance, paiement dématérialisé, assistance 24/7.

Uber présente son retour comme une contribution à une dynamique nationale autour de la mobilité, misant sur son expertise technologique déjà éprouvée lors de rendez-vous d’envergure comme la Coupe du monde au Qatar, où la plateforme avait assuré plus de 2,6 millions de trajets en quatre semaines, dont près d’un demi-million vers ou depuis les stades.

Cette annonce, qui intervient à moins d’un mois de la Coupe d’Afrique des nations (CANà 2025) abritée par le Maroc, entérine la reprise d’une activité que de nombreux chauffeurs avaient déjà constatée depuis plusieurs jours. Plusieurs conducteurs de Careem à Casablanca et Rabat affirmaient à TelQuel avoir « basculé progressivement vers l’application Uber Driver », sur instruction de Careem.

Fondée en 2012 à Dubaï et rachetée en 2020 par Uber pour 3,1 milliards de dollars, Careem continuait jusqu’ici d’opérer au Maroc sous sa propre marque. Officiellement, Careem minimise l’ampleur de la transition. Contacté mi-novembre par TelQuel, un responsable nous affirmait que la mise à jour « ne concerne que les chauffeurs » et « n’entraînera aucun changement pour les utilisateurs ». Il évoquait aussi une démarche « globale » déjà engagée dans d’autres marchés. Mais plusieurs signaux confirmaient le retour imminent d’Uber.

Un retour anticipé

En mai dernier, une offre d’emploi publiée sur LinkedIn annonçait la recherche d’un « Country Manager » basé à Marrakech, chargé de « relancer les opérations » et de « développer des partenariats avec les flottes locales ». L’offre d’emploi décrivait un déploiement graduel, « en commençant par Marrakech », avant une expansion plus large. La stratégie se confirme aujourd’hui avec l’ouverture simultanée des services à Casablanca et Marrakech.

Pour Uber, ce retour marque l’aboutissement d’une promesse formulée en 2018, lors de son départ du Maroc. L’entreprise s’était engagée à revenir « dès qu’un cadre légal clair serait mis en place ». Or, sept ans plus tard, ce cadre n’existe toujours pas. Depuis son retrait du marché marocain, Uber conteste être dans l’illégalité, mais reconnaît l’absence d’un dispositif permettant d’intégrer les VTC au système de transport existant.

Le ministère de l’Intérieur, lui, maintient que l’utilisation d’un véhicule personnel pour un transport rémunéré reste illégale sans autorisation formelle. En début d’année, Abdelouafi Laftit reconnaissait toutefois une impasse : « On ne peut pas intégrer officiellement les VTC, mais on ne peut pas non plus faire semblant de les ignorer ». Une étude avait été lancée par son département pour définir les modalités d’une intégration légale, mais aucune annonce n’a été faite à ce jour.

Pour les syndicats de taxis, le retour d’Uber n’est pas une surprise et reste toujours inacceptable. « Uber, Careem, Yango, InDrive, Yassir… aucune de ces applications n’a d’autorisation. Elles travaillent au noir », estimait Mohamed Fadde, premier vice-secrétaire national du syndicat du secteur des taxis (UNTM). L’opposition des taxis avait culminé en 2017, lorsque l’UNTM, entre autres, avait saisi la justice pour dénoncer l’activité non autorisée d’Uber. Dans une plainte adressée au procureur du Roi, le syndicat accusait la société de « pratiques anticoncurrentielles » et alertait même sur des risques de dérives sécuritaires faute de contrôle. Quelques mois plus tard, Uber annonçait la suspension de ses activités au Maroc.