Vote sur le Sahara : les raisons d'une abstention russe

Vendredi 31 octobre, le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté une résolution favorable au Maroc dans sa lutte pour obtenir une reconnaissance de souveraineté sur le Sahara. La Russie, elle, s'est abstenue de voter cette résolution. Pourquoi ?

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Vassili Nebenzia, représentant permanent de la Russie au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies. Crédit: DR

Nous votons l’abstention”, informe Vassili Nebenzia au Conseil de Sécurité. Le représentant permanent de la Fédération de Russie à l’ONU n’a pas pu “appuyer un texte aussi déséquilibré”, justifie-t-il. Mais alors pourquoi Nasser Bourita, le ministre des Affaires étrangères, considère-t-il que l’abstention de Moscou est une bonne chose pour le Royaume ? En effet, interrogé sur 2M au lendemain du vote, il déclare : “si la Russie a accepté de s’abstenir, elle l’a fait pour Sa Majesté et pour le Maroc.”

Car il existe une seconde voie pour la Russie : le veto. Certes, depuis la trentaine d’année qu’est renouvelée la Minurso, jamais elle ne l’a apposé, mais cette fois-ci, maintient le chef de la diplomatie, ce serait par amitié pour la couronne marocaine qui s’est déplacée à Moscou en 2016. Dans les faits, la Russie entretient des relations historiques avec l’Algérie qu’elle ne peut sacrifier par un vote pro-marocain assumé ; mais elle ne peut pas non plus assumer un veto qui mettrait fin à la missions des Nations Unies au Sahara. En effet, la Russie a des intérêts dans la région.

En octobre dernier, elle a signé avec Rabat des accords sur la pêche comprenant les eaux sahariennes. Par ailleurs, ne pas poser son veto en 2025, c’est aussi ne pas entraver le momentum du Maroc qui pourrait obtenir le sceau des Nations Unies autour de la souveraineté du Sahara. Et pour ce faire, il faut garder la Minurso en vie.

D’autre part, le Kremlin a profité de cette occasion pour dénoncer les “démarches de cowboy” des États-Unis au Conseil de sécurité de l’ONU. Pour Vassili Nebenzia, son homologue américain Michael Waltz aurait “utilisé le Conseil pour promouvoir sa position nationale”, et, par son “comportement”, se serait écarté de la pratique du conseil “qui prévoit la recherche par le porte-plume (de la résolution, ndlr) d’un consensus par tous les membres du conseil.

Trump ou pas, voilà donc “la deuxième année de suite que les Etats-uniens n’osent pas avoir une discussion détaillée autour du Sahara occidental devant le Conseil”, dénonce-t-il, sous-entendant que Washington joue son rôle de négociateur en chef dans les couloirs avec ses alliés, et jamais devant le Conseil. C’est la raison pour laquelle il dénonce un texte “déséquilibré”.

Néanmoins, Moscou convient que “certaines recherches de compromis au dernier moment ont permis d’éviter un vote négatif” de leur part. Dès lors, “la Russie a choisi de ne pas bloquer la décision du Conseil pour donner encore une chance au processus de paix”, craignant en même temps que la méthode Trump ne rende “actif ce conflit”.

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