Le Maroc se trouve aujourd’hui à la croisée des chemins, entre la modernisation rapide de ses espaces urbains et un besoin urgent de renouveau civique. Dans un sondage en ligne réalisé du 10 février au 13 mars auprès de 1.173 personnes volontaires issues de toutes les régions du Maroc, par le Centre marocain pour la citoyenneté (CMC), des données mettent en lumière des carences structurelles et un décalage persistant entre les valeurs affichées et les pratiques quotidiennes.
D’emblée, la question du respect mutuel apparaît comme un point faible. Moins de 13 % des répondants se disent satisfaits du niveau de politesse et d’urbanité dans les interactions publiques, tandis que près de 45 % jugent la courtoisie globalement médiocre.
Le voisinage n’est pas épargné : plus de 44 % des Marocains sondés se déclarent gênés par les nuisances sonores ou le non-respect des espaces partagés.
Quant au regard porté sur les femmes dans l’espace public, seuls 11% des participants estiment que la manière dont elles y sont traitées est satisfaisante, alors que plus de la moitié exprime une insatisfaction totale.

Ces chiffres traduisent un déficit de considération envers les plus vulnérables, qui se manifeste également dans le traitement réservé aux personnes âgées et à celles en situation de handicap : seulement 43,3 % des participants se disent satisfaits du traitement de cette catégorie par le reste de la société.
