Samedi 17 mai, à l’issue d’une réunion extraordinaire de son secrétariat général, le Parti de la justice et du développement (PJD) a fait entendre sa vive désapprobation face au retrait de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) du projet de motion de censure visant le gouvernement d’Aziz Akhannouch (qui n’a donc pas été déposé au parlement).
Pour les islamistes, cette volte-face du parti de la rose apparaît non seulement comme un reniement politique, mais ravive surtout les douloureux souvenirs du “blocage” institutionnel de 2016, lorsque des tractations opaques avaient largement contribué à retarder la formation du deuxième gouvernement du PJD sous Saad Eddine El Othmani.
Dans un communiqué relayé sur ses réseaux, le PJD dénonce un désengagement “douteux”, capable, selon ses mots, de “brouiller le processus démocratique” et de creuser le fossé de la défiance entre acteurs politiques et citoyens.
Rappelons que si cette motion de censure avait bien été déposée par une opposition unie à la Chambre des représentants, elle n’aurait pas permis de faire tomber le gouvernement actuel, les rangs de la majorité étant soudés sur la question. Mais les parlementaires auraient pu utiliser cet instrument constitutionnel pour exprimer officiellement leur défiance à l’égard du gouvernement en place, interrogeant même sa légitimité.
