Scandale du “diplôme contre argent” à Agadir : Benabdellah dénonce une crise des valeurs généralisée

Le scandale de la vente de faux diplômes à l'Université Ibn Zohr d’Agadir secoue, aussi, le monde politique. Le secrétaire générale du PPS Mohamed Nabil Benabdellah s'est exprimé et a qualifié cette affaire de "grande honte".

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Mohamed Nabil Benabdallah, secrétaire général du PPS, lors du onzième congrès national parti, le 11 novembre 2022. Crédit: PPS

Mohamed Nabil Benabdellah, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme, a qualifié le scandale de vente de diplômes à l’Université Ibn Zohr d’Agadir de “véritable choc” pour l’ensemble du champ politique, éducatif et universitaire. “Ce qui s’est passé est une grande honte et révèle une crise profonde de nos valeurs et de nos principes”, a-t-il déclaré, mercredi, lors d’une rencontre à Marrakech sur le rôle des jeunes dans l’amélioration de l’action politique.

Selon Al3Omk, le leader du PPS a estimé que cette affaire dépasse le cadre local et concerne l’ensemble de la société : “Cela nous interpelle tous, sans exception, des responsables politiques et syndicaux jusqu’aux acteurs du système éducatif”. Il affirme que des pratiques similaires existent dans d’autres établissements, sans que cela ne suscite de réaction officielle : “Le constat montre qu’il y a, malheureusement, des pratiques similaires dans de nombreuses universités et instituts, et nous en avons entendu parler sans qu’il y ait de réaction ferme.”

“Si nous commençons à observer de tels agissements dans l’enseignement, il est impératif d’y faire face ensemble. Il est temps de dire stop et de faire un véritable examen de conscience”

Mohamed Nabil Benabdellah, secrétaire général du PPS

Benabdellah appelle à une mobilisation collective contre ce type de dérives : “Si nous commençons à observer de tels agissements dans l’enseignement, il est impératif d’y faire face ensemble. Il est temps de dire stop et de faire un véritable examen de conscience”. Il ajoute : “Personnellement, j’espérais que cette affaire pousserait le gouvernement à annoncer des mesures concrètes pour éradiquer ce fléau”.

Le dossier, désormais entre les mains de la justice, implique notamment le professeur Ahmed Kailech, arrêté sur ordre du parquet de Marrakech. Il est soupçonné d’avoir perçu de l’argent pour faciliter l’admission de certains étudiants en master. Une commission centrale d’inspection du ministère de l’Enseignement supérieur a été dépêchée à la faculté de droit d’Agadir, où elle a consulté les dossiers de candidatures et rencontré l’administration.

Le SNESup n’a pas tardé à réagir

Dans un communiqué, l’Université Ibn Zohr a confirmé le traitement judiciaire de l’affaire et assuré que toutes les conditions sont réunies pour garantir la qualité de la formation et le bon déroulement des examens. Elle a également salué les efforts de ses enseignants, administrateurs et étudiants.

La réaction syndicale n’a pas tardé. La section locale du Syndicat national de l’enseignement supérieur (SNESup) a dénoncé “un silence délibéré” du ministère face à des rapports d’inspection antérieurs, datant de 2018, documentant de graves dysfonctionnements pédagogiques et administratifs. Selon le syndicat, ces rapports ont été ignorés, sans qu’aucune mesure corrective ne soit prise.

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L’enquête, qui s’annonce étendue à d’autres facultés de l’Université Ibn Zohr, vise à vérifier le respect des règles de sélection, de gestion des masters et de fonctionnement académique. Le scandale, déjà surnommé dans la presse “affaire Kailech” ou “mafia académique”, met en cause également des avocats, des fonctionnaires du secteur judiciaire, des enfants de responsables ainsi que l’épouse du professeur mis en cause.