TelQuel Impact : Quelles sont les spécificités de la formation au sein de l’Institut supérieur du transport et de la logistique (ISTL) ?
Abdelilah Hifdi : L’ISTL a, d’abord, une spécificité essentielle : la formation est dispensée aux professionnels de la logistique des deux rives de la Méditerranée. Car, il faut savoir que l’Institut est le fruit de la collaboration entre la Fédération de transport et de la logistique du Maroc et un conglomérat de fédérations françaises qui sont regroupées au sein de l’Afratl. L’idée était de créer une entité qui soit capable de former des compétences pour deux secteurs qui étaient naissants en 2006 : le transport et la logistique. Ces compétences auraient alors pour débouchés les entreprises installées au Maroc, dont les structures françaises établies au royaume. Et donc, il n’y a pas de meilleur alignement entre un établissement d’enseignement supérieur et les entreprises qui façonnent la demande. Car, il est primordial de répondre aux besoins réels du secteur.
La deuxième spécificité réside dans le fait que l’ISTL est spécialisé dans la logistique, alors qu’on aurait pu étendre nos formations à d’autres filières. Par ailleurs, l’ISTL est reconnu par l’État et forme du Bac au doctorat.
La logistique et le transport sont des métiers de terrain. Comment cela se traduit-il dans votre approche pédagogique ?
Nous sommes inscrits dans une logique de métier et non de savoir. Et cela se traduit au niveau de l’apprentissage, puisqu’on a mis en place un système d’alternance entre l’Institut et l’entreprise. On reconnaît, donc, l’entreprise comme un espace de formation, et ce, au même titre que l’établissement de formation. Résultat, nos étudiants qui sont formés dans une entreprise pendant 2 ou 3 années sont plus outillés pour y travailler après l’obtention de leurs diplômes. Le modèle de l’alternance est la panacée pour favoriser l’emploi de nos jeunes.
Qu’est-ce que la logique de métier implique-t-elle concrètement ?
Le plus important pour nous est le savoir-faire. On forme nos étudiants à l’entreposage, à la préparation de commande, etc. Et cela se fait à travers l’approche par compétence (APC). C’est la force de notre modèle pédagogique. Cette approche est, aujourd’hui, reconnue au niveau international.
Je tiens à préciser aussi que l’APC augmente le niveau d’exigence. Dans le modèle classique, les modules sont notés séparément et une moyenne est calculée, permettant de passer ou non au niveau supérieur. Dans l’APC, le passage au niveau d’au-dessus, nécessite l’acquisition de toutes les compétences. Un étudiant de l’ISTL ne valide pas son cursus s’il ne maîtrise pas toutes les compétences, sans exception. Et je peux vous dire que ça ne plaît pas toujours à nos étudiants.
Quel impact sur l’insertion sur le marché du travail ?
L’approche par compétence est excellente pour favoriser l’accès au marché du travail. Ce modèle se traduit par un taux d’insertion de 100%. Les entreprises logistiques sont même proactives dans leurs démarches d’embauche et nous demandent, régulièrement, les CV de nos lauréats.
