Sing Sing au cinéma, la Foire 1-54 à Marrakech, Meryem Benoua au Maroc, la aïta marsawiya de Kabareh Cheikhats... les sorties de la semaine

Pour son rôle dans “Sing Sing” l'acteur Colman Domingo est nommé aux Oscars Crédit: DR

L’art de la rédemption

Cinéma. La rédemption par le théâtre en prison : c’est le sujet, profondément bouleversant, que le réalisateur Greg Kwedar explore dans Sing Sing, un film inspiré d’une histoire vraie. Dans la célèbre prison new-yorkaise qui donne son nom au film, Divine G (Colman Domingo, à qui ce rôle a valu une nomination aux Oscars), incarcéré à tort, monte des pièces avec des détenus. À la surprise générale, l’un des caïds du pénitencier, le bouillonnant Divine Eye, rejoint la troupe.

Le film frappe par son authenticité : plusieurs rôles sont interprétés par d’anciens détenus qui ont réellement participé au programme de réinsertion par les arts (RTA) de Sing Sing. En 2016, le réalisateur avait lui-même assisté à un tournage en prison, lors duquel il a découvert ces programmes de réinsertion. Entre documentaire et fiction, Kwedar signe une œuvre puissante sur le pouvoir transformateur de l’art, faisant de cette prison mythique le théâtre d’une renaissance collective.

Au Megarama.

Au cœur de l’art africain

Évènement. Fondée par Touria El Glaoui, la Foire d’art contemporain 1-54 est de retour à Marrakech pour une 6ème édition. Sur les murs luxueux de La Mamounia, ou ceux de l’espace d’art multidisciplinaire DaDa en médina, plus de 30 exposants issus de 14 pays (du Japon à l’Angleterre en passant par le Koweït) dévoilent le meilleur de la création contemporaine.

La Foire d’art contemporain 1-54.Crédit: TOUMI/TELQUEL

Avec 14 galeries africaines – dont 10 marocaines – représentées, cette édition fait la part belle aux talents locaux et continue de s’imposer comme un rendez-vous phare de l’art contemporain en Afrique. Une effervescence artistique qui sera notamment enrichie par la tenue simultanée du Festival du livre africain de Marrakech, promettant un moment culturel particulièrement stimulant dans la ville ocre.

Jusqu’au 2 février, à Marrakech.

Double horizon

Exposition. La Galerie Delacroix à Tanger réunit deux artistes figuratifs aux univers complémentaires, la Franco-marocaine Catherine Renaud-Baret et le Marocain Abdellatif Mehdi, autour de l’exposition “Double effet”.

La Galerie Delacroix à Tanger réunit la Franco-marocaine Catherine Renaud-Baret et le Ma- rocain Abdellatif Mehdi, autour de l’exposition “Double effet”Crédit: DR

Si le Maroc est leur point d’ancrage commun, il semble qu’une vision partagée de l’existence les rapproche également. Là où Renaud-Baret explore l’altérité à travers des portraits d’êtres d’ici et d’ailleurs, captant l’universalité des gestes et des regards, Mehdi, influencé par Munch, plonge dans les profondeurs de l’inconscient et des obsessions nocturnes. Ensemble, ils tissent une réflexion sensible sur la beauté de la vie, mais aussi sur ses mystères.

Jusqu’au 24 mars à la Galerie Delacroix, Tanger.

La magie de la aïta

Spectacle. Kabareh Cheikhats, troupe désormais incontournable de la scène musicale marocaine, revient au Boultek pour une soirée dédiée à la aïta marsawiya. Depuis 2016, la troupe réinterprète et perpétue ce répertoire traditionnel, marqué par des voix légendaires comme Fatna Bent El Houcine ou encore Hajja Hammounia.

Un spectacle-concert qui perpétue et rend hommage à ces chants poétiques populaires, à leur beauté et aux émotions qu’ils véhiculent.

Le 1er février au Boultek, Casablanca.

Scènes de vie

Humour. Après avoir conquis la scène francophone avec le Jamel Comedy Club, Meryem Benoua présente pour la première fois au Maroc (son pays d’origine) son one-woman-show Reflet. Elle y déploie un style à la fois incisif et tendre – qui n’est pas sans rappeler celui d’un certain Gad – pour explorer l’identité, la famille, les clichés culturels, et les codes d’une génération décomplexée.

Le 6 février au Studio des arts vivants, à Casablanca, les 7 et 8 février à Rabat et Marrakech.