Laftit, Kabbaj, Benhima... Comment ces ingénieurs de formation se sont insinués au cœur du pouvoir

Qu’ils soient formés au Maroc, en France ou ailleurs, ils ont trusté, depuis soixante ans, les postes les plus prestigieux de la hiérarchie publique. Ministères, offices, wilayas, grands groupes publics, agences de développement, CRI, SDL… les ingénieurs sont omniprésents. Pourquoi, de Mohammed Kabbaj à Abdelouafi Laftit en passant par Driss Benhima, ces hauts fonctionnaires d’élite se sont-ils si efficacement insinués au cœur du pouvoir ?

Par et

TELQUEL

Rabat. Une grosse Mercedes fait halte devant l’hôtel The View à Hay Ryad. Il ne s’agit pas d’un modèle récent, mais la berline allemande scintille dans une sorte de majesté chromée, semble avoir été minutieusement entretenue. Agile, le chauffeur glisse hors du véhicule et, esquissant une légère génuflexion, ouvre la portière arrière. De l’habitacle se dégagent des volutes de fumée. Notre homme en surgit, cigare à la bouche, l’allure affûtée, la démarche leste. Lui, c’est Abdeslam B., l’archétype du haut commis de l’État. Ingénieur polytechnicien, diplômé au milieu des années 1970, il a trusté les sommets de la haute fonction publique. Les postes se sont succédé, ministères, agences, EEP ; les honneurs ont fusé, mais…

Cet article est réservé aux abonnés.
Déjà abonné ? Se connecter
Soutenez un média indépendant et exigeant
  • Accédez à tous les contenus de TelQuel en illimité
  • Lisez le magazine en numérique avant sa sortie en kiosque
  • Accédez à plus de 900 numéros de TelQuel numérisés